Convoité par Takeda, Shire soigne la valorisation de ses actifs
La dette du laboratoire Shire, liée à son acquisition de Baxalta en 2016, a longtemps été un véritable repoussoir pour les actionnaires. Par rapport à son niveau précédant cette opération, Shire a perdu près de la moitié de sa valeur en Bourse.
Mais l’amélioration graduelle du bilan -l’endettement est passé de 22,4 milliards à 19 milliards de dollars l’an dernier- couplé à cette valorisation décotée a fini par susciter des convoitises. Takeda, le numéro un japonais de la santé, a annoncé il y a quinze jours envisager une OPA sur Shire.
D’origine britannique, coté à Londres et à Wall Street, siégeant à Dublin mais domicilié à Jersey, Shire représente d’abord un beau cas d'école d’ingénierie juridique et fiscale. Mais c’est aussi un bel exemple de croissance. Spécialisé à sa création, en 1986, dans le traitement de certains troubles neurologiques, l’entreprise a su se positionner sur les segments les plus dynamique du marché des médicaments tels que les thérapies géniques, les traitements de l’hémophilie et d’autres maladies rares.
Dirigé par le français Christophe Weber, qui a entrepris de diversifier le groupe japonais à travers de partenariats et d’acquisitions -comme celle de la biotech belge TiGenix- Takeda a jusqu’au 25 avril pour déposer une offre ferme. Le groupe issu de cet éventuel rapprochement pourrait prétendre à intégrer le top 10 mondial, d’autant qu’il existe peu de doublons dans leurs portefeuilles de médicaments.
A ce stade, Shire n’a ni accepté ni repoussé la proposition de Takeda. Mais son management ne reste pas les bras croisés. Lundi, le groupe a annoncé la cession de ses actifs en cancérologie (l’une de ses plus petites divisions) au français Servier pour 2,4 milliards de dollars. Un montant qui représente pas moins de 9,2 fois le chiffre d’affaires de cette entité, un multiple bien supérieur au cours de Bourse actuel.
Le message implicitement adressé à Takeda est clair : en cas de transaction, Shire est bien décidé à valoriser ses actifs au meilleur prix. Pour le groupe d’Osaka, qui envisage là l’opération la plus importante jamais réalisée par un laboratoire japonais, la barre est déjà haut placée.
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