Citigroup rassure sur les résultats trimestriels des banques d’investissement
Paradoxe apparent pour le titre Citigroup hier en Bourse de New York, en hausse en clôture de 3,02% à 48,42 dollars alors même que le géant bancaire a dévoilé dans la journée à la fois une chute de 96% de son résultat net au deuxième trimestre, à 181 millions de dollars, et un règlement amiable avec les autorités passant par le versement de quelque 7 milliards de dollars.
Cet accord a en premier lieu le mérite de délester Citigroup d’une part de son fardeau juridique, la levée du doute sur les négociations étant naturellement appréciée des opérateurs boursiers. Le dossier est connu de tous, il est lié à la titrisation jusqu’en 2008 de créances hypothécaires. Citigroup a convenu de payer une amende de 4,5 milliards de dollars aux autorités américaines, département de la Justice en tête, ainsi qu’une indemnisation aux investisseurs à hauteur de 2,5 milliards. Le procureur général adjoint Tony West a assuré hier dans la foulée de l’annonce de l’accord conclu avec Citigroup que d’autres dossiers liés à la titrisation de crédit hypothécaire seraient résolus «très prochainement». Si le montant total consenti par Citigroup est environ le double de celui évoqué par nombre d’analystes en début d’année, il reste très inférieur aux 12 milliards récemment mis en avant par les autorités.
L’accord entraîne une charge exceptionnelle de 3,8 milliards de dollars sur le résultat trimestriel publié hier, qui ressort dès lors en hausse (de 3,89 à 3,96 milliards) une fois ajusté des éléments exceptionnels et de la variation de la dette propre, et, mieux, supérieur aux attentes des analystes (1,24 dollar par titre contre 1,05 dollar selon les consensus Reuters et Bloomberg). Une bonne surprise issue notamment du redressement en juin de l’activité de trading obligataire, en retrait de 12% sur le trimestre écoulé (avec des revenus de 2,9 milliards) alors que le directeur financier de Citigroup, John Gerspach, avait évoqué en mai un recul de 20 à 25%. Le produit net bancaire de Citigroup a dans son ensemble baissé de 3% à 19,4 milliards.
La meilleure fortune côté trading obligataire, sur fond selon Citigroup d’apaisement des tensions en Russie et en Ukraine, a de quoi rassurer le marché quant aux résultats trimestriels des banques d’investissement, Citigroup ayant ouvert hier le bal des publications. JPMorgan et Goldman Sachs suivent aujourd’hui, avant Bank of America demain et Morgan Stanley jeudi.
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