Casino poursuit son redressement opérationnel mais creuse sa dette
Les résultats et la génération de trésorerie du distributeur se sont améliorés l’an dernier. Les dirigeants espèrent toujours qu’un accord sur la restructuration financière sera trouvé d’ici juin.
Casino a poursuivi son redressement opérationnel en 2025, mais sa dette nette a continué d’augmenter.
L’excédent brut d’exploitation ajusté a progressé de 13,7 %, atteignant 655 millions d’euros sur l’année.
Le groupe espère finaliser la restructuration de sa dette d’ici juin, alors que 1,4 milliard d’euros arrivent à échéance en 2027.
Casino continue dans la bonne voie. Perturbé par les négociations portant sur une restructuration de sa dette, le distributeur a publié tardivement des résultats 2025 encourageants.
Son chiffre d’affaires, déjà dévoilé en février, s’est replié de 2,5%, à 8,26 milliards d’euros, mais sa rentabilité s’est nettement améliorée. L’excédent brut d’exploitation (Ebitda) ajusté a ainsi grimpé de 13,7%, à 655 millions d’euros, et, surtout, l’Ebitda ajusté après loyers s’est amélioré de 77%, à près de 200 millions d’euros.
Le rebond est particulièrement marqué au sein des enseignes Franprix, où l’Ebitda après loyers a gagné 79%, à 53 millions d’euros, et Monoprix qui affichent une progression de 34%, à 157 millions d’euros.
Le directeur général, Philippe Palazzi, explique ce net renforcement de la rentabilité par «la mise en œuvre de synergies entre les différentes marques du groupe», par «l’aboutissement du processus d’assainissement du parc de magasins», qui s’est traduit notamment par la sortie du périmètre de 1.100 points de vente de proximité, et par la baisse des coûts liée notamment «à la montée en puissance des centres de services partagés».
Ces performances ont permis au groupe de réduire fortement sa consommation de trésorerie libre avant frais financiers, qui est ressortie à 120 millions d’euros l’an dernier après un flux négatif de 639 millions d’euros en 2024. Les dirigeants prévoient toujours que cet indicateur repassera dans le vert cette année pour atteindre 286 millions d’euros en 2030.
La dette nette s’est malgré tout creusée de 290 millions d’euros, à 1,49 milliard d’euros, et rend d’autant plus cruciale la réussite des négociations en cours au sujet de la restructuration de son bilan. Alors que les discussions semblent pour le moins tendues entre les créanciers du groupe et son premier actionnaire, Daniel Kretinsky, le directeur général a indiqué avoir «très bon espoir qu’elles se terminent d’ici juin».
Le projet prévoit notamment le refinancement d’un prêt de 1,4 milliard d’euros arrivant à échéance en mars 2027. Il doit aussi permettre de réduire les frais financiers du groupe qui ont amputé ses résultats de 182 millions d’euros l’an dernier.
Les positions, encore très éloignées, entre les créanciers et l’actionnaire de contrôle se sont légèrement rapprochées lors des dernières propositions dévoilées par Casino. Les prochaines seront regardées de près par les investisseurs alors que le temps commence à presser.
Le groupe de services aux entreprises change de mains. Confronté à un bilan trop lourd au regard de sa trajectoire de flux de trésorerie, le groupe passe dans les mains de ses créanciers qui vont prendre une très large majorité du capital et réinjecter 140 millions d’euros.
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