Groupe de distribution Casino, siège à Saint Etienne
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RK.
Moins de deux ans après avoir déjà restructuré son bilan, Casino veut demander un nouvel effort conséquent à ses créanciers. Lundi, le groupe a précisé les détails d’un plan annoncé fin octobre. Il souhaite réduire un prêt à terme, représentant l’essentiel de son endettement brut, de 1,4 milliard d’euros à 800 millions d’euros tout en augmentant sa maturité, actuellement à mars 2027, et en réduisant ses taux d’intérêt de 9% à 6%. L’opération permettrait de réduire la charge d’intérêt d’environ 80 millions d’euros par an et même de l’approcher de zéro pendant deux ans puisque la société réclame également une capitalisation des intérêts durant les deux premières années du prêt dont l’échéance serait portée à cinq ans.
Pour convaincre les créanciers d’accepter ce nouvel effort, l’actionnaire de contrôle de Casino, Daniel Kretinsky, propose de souscrire à une augmentation de capital de 300 millions d’euros via sa société France Retail Holding, ce qui pourrait faire passer sa participation au capital de 54% actuellement à 68%. «Une preuve de confiance dans le groupe et dans son plan Renouveau 2030», a indiqué le directeur général du distributeur, Philippe Palazzi, lors d’une conférence de presse. Les 600 millions d’euros abandonnés par les créanciers seraient pour leur part convertis en actions, ce qui leur conférerait de l’ordre de 32% du capital de Casino.
Dans une déclaration transmise à L’Agefi, ils ont indiqué réaffirmer «leur engagement à soutenir Casino et son management. Ils abordent les discussions dans un esprit constructif et se tiennent prêts à mettre en œuvre les solutions nécessaires pour accompagner l’entreprise, y compris à travers une solution intégralement financée par eux si nécessaire».
D’ici à la fin de la décennie, Casino vise un volume d’affaires de 15,8 milliards d’euros, un excédent brut d’exploitation (Ebitda) ajusté après loyers de 644 millions d’euros et une génération de trésorerie libre avant frais financiers de 286 millions d’euros. Ces objectifs sont dans la continuité de ceux annoncés pour 2028, qui ont été confirmés. Une nette accélération de l’Ebitda ajusté, qui augmenterait de 144 millions d’euros sur 2029-2030, devrait être portée par des économies de coûts attendues à 150 millions d’euros sur la période.
La réalisation de ces ambitions et la mise en œuvre de la restructuration telle qu’imaginée par les dirigeants permettraient de ramener le levier d’endettement de Casino à 1,7 fois l’Ebitda ajusté d’ici à 2029, contre 7,68 fois à fin septembre dernier.
Le groupe compte négocier avec ses créanciers ces prochains mois pour obtenir un accord de «lock-up» d’ici à la fin du premier semestre 2026.
A la Bourse de Paris, les investisseurs ont bien réagi à ces annonces lundi. L’action Casino a gagné 5,45% ce lundi quand, sur le marché du crédit, l’emprunt de 1,4 milliard d’euros à échéance mars 2027 était stable, à 65% du pair, soit une valorisation d’un peu plus de 910 millions d’euros.
En quête d’une solution de refinancement depuis plusieurs mois, l’enseigne d’ameublement bascule sur un scénario de restructuration de son bilan. A la clé, une dilution massive des actionnaires actuels.
Le groupe de services aux entreprises change de mains. Confronté à un bilan trop lourd au regard de sa trajectoire de flux de trésorerie, le groupe passe dans les mains de ses créanciers qui vont prendre une très large majorité du capital et réinjecter 140 millions d’euros.
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