Casino porte plainte contre les fonds vendeurs à découvert
Le litige entre Casino-Rallye et plusieurs fonds ayant constitué des positions à découvert s’envenime. « Nous déposerons dans les prochaines heures au nom de Casino-Rallye une plainte pour dénonciation calomnieuse », indique à L’Agefi Sébastien Schapira, l’un des avocats de Casino-Rallye. Une première plainte contre X a déjà été déposée fin octobre par Casino-Rallye pour « manipulation de cours, diffusion d’informations fausses ou trompeuses et délit d’initiés ».
Cette nouvelle plainte vise cette fois directement Sophie Vermeille, l’avocate des fonds, ainsi que ses différents clients. Elle répond à un courrier adressé le 9 novembre à Eliane Houlette, procureure du parquet national financier, dans lequel Sophie Vermeille soulève différents « éléments de nature à caractériser l’existence d’une rémunération déguisée au profit de Monsieur Jean-Charles Naouri (l’actionnaire majoritaire de Casino-Rallye, NDLR) et sa famille rapprochée ».
En 10 ans, Euris, la société de tête de Jean-Charles Naouri, a facturé 100,5 millions d’euros au reste du groupe, calculent Sophie Vermeille et ses clients. Et, sans compter les 10,9 millions de salaires payés par Casino à Jean-Charles Naouri sur la période pour sa fonction de PDG du distributeur, ce sont 81,6 millions d’euros qui ont ensuite été reversés à l’actionnaire de contrôle et à sa famille, dont 55,1 millions d’euros sous forme de dividendes payés par Euris. Gabriel Naouri, le fils de Jean-Charles, qui ne travaille plus chez Casino depuis 2017, a perçu 5,1 millions d’euros de salaires en dix ans.
« Nous faisons remarquer que cette rémunération totale perçue par Monsieur Naouri et sa famille proche n’apparaît évidemment pas clairement dans aucun des documents de référence des différentes sociétés cotées du groupe (au nombre de quatre) », poursuit le courrier de Sophie Vermeille, rappelant que « dans le passé, les juridictions compétentes ont confirmé que ce type de schémas était susceptible de constituer un abus de biens sociaux ».
Des critiques réfutées par Casino-Rallye. « Comment parler de rémunération déguisée alors que tous les éléments que prétend divulguer Sophie Vermeille sont issus de documents publics, audités et approuvés par les autorités compétentes », poursuit Sébastien Schapira, selon lequel il s’agit d’une « nouvelle attaque dans la campagne de déstabilisation menée par les vendeurs à découvert ».
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