Carrefour mise sur sa transformation pour renouer avec la croissance
Prudemment Carrefour s’est refusé hier à dévoiler tout objectif chiffré pour 2018. Le distributeur se borne à préciser que ses résultats resteront sensibles aux changes, notamment au real brésilien – le Brésil pèse 16% des ventes – et que les amortissements continueront à croître. Le directeur financier a même anticipé de nouvelles dépréciations. Rien de très encourageant après les très mauvais résultats 2017. Le consensus FactSet voit une hausse de 3% du résultat opérationnel courant (ROC) cette année.
Le distributeur a fini l’exercice 2017 dans le rouge, avec une perte nette de 531 millions d’euros, conséquence des 1,3 milliard d’euros de charges non courantes, essentiellement des dépréciations d’une partie du goodwill de l’Italie (700 millions) et des actifs de magasins ex-Dia (333 millions), et des coûts de restructuration (279 millions). Le dividende chute de 34% à 0,46 euro.
Conformément à l’avertissement de mi-janvier, Carrefour a dégagé un ROC de 2 milliards d’euros (-17,2% à changes constants). La marge opérationnelle courante recule de 0,5 point à 2,5%. Le distributeur invoque à la fois une forte pression concurrentielle, notamment en France, des coûts de distribution et des amortissements en hausse, en raison des importants investissements de l’ère Plassat, et de la situation économique détériorée en Argentine. Néanmoins, l’Amérique latine continue à tirer les résultats du groupe avec une marge de 4,5% (-0,4 point) devant l’Europe (hors France) à 3,2% (-0,3 point), tandis que la France n’affiche plus qu’une rentabilité de 1,9% (-1 point), pâtissant des 150 millions d’euros de pertes opérationnelles des magasins ex-Dia. Et comme anticipé en janvier, le cash-flow libre opérationnel a reculé de 8,5% à 950 millions d’euros.
Carrefour a réitéré les objectifs 2018 de son plan de transformation «Carrefour 2022». Le distributeur compte notamment mettre en œuvre les plans de départ dans les sièges du groupe, céder ses 273 magasins ex-Dia, accélérer le développement des cash and carry en Amérique du Sud, ouvrir 170 nouveaux drives en France, et engranger les premières économies de coûts (2 milliards d’euros attendus en année pleine à partir de 2020). Une partie des économies de coûts sera réinvestie en compétitivité-prix, a précisé hier le directeur financier.
Casino, qui avait aussi lancé un avertissement mi-janvier, dévoilera ses résultats le 8 mars.
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