Carrefour affiche des premiers signes d’amélioration

Le chiffre d’affaires du troisième trimestre a dépassé les attentes du marché. L’Amérique latine accélère sa croissance
Bruno de Roulhac

Carrefour semble vraiment être entré dans une nouvelle ère. Celle du redressement. Au troisième trimestre, les ventes du distributeur (à changes constants, hors essence et à magasins comparables) ont progressé de 0,2% à 22,6 milliards d’euros, après un recul de 1,3% au deuxième trimestre. Ce chiffre d’affaires a même dépassé les attentes du consensus! Une surprise saluée par une hausse de 3,69% de l’action à 16,58 euros.

Si les ventes en France poursuivent leur recul, la baisse n’est plus que de 1,5%, contre -3,3% au trimestre précédent. Dans les supermarchés les ventes se sont stabilisées, tandis que dans les hypermarchés, la décroissance passe de -5,7% au deuxième trimestre à -3,3% au troisième trimestre.

Les analystes ne s’attendaient pas à une amélioration aussi forte. Ce début d’embellie sur les hypermarchés est «un point clé pour la position du groupe sur son marché domestique», souligne Aurel BGC. D’autant qu’elle s’observe dans l’alimentaire, comme dans le non alimentaire, a précisé Pierre-Jean Sivignon, directeur financier de Carrefour.

«Après une bonne surprise au premier semestre, et une autre bonne surprise au troisième trimestre, la confiance pourrait doucement revenir dans la capacité du nouveau management à redresser la barre», poursuit Aurel BGC. D’ailleurs, Pierre-Jean Sivignon a confirmé être «à l’aise» avec le consensus des analystes sur le résultat opérationnel courant, compris entre 2,07 et 2,1 milliards d’euros.

Pourtant, le distributeur reste prudent et ne fanfaronne pas après cette publication. «Même si l’arrivée de Georges Plassat doit permettre au groupe de revenir sur certaines erreurs faites par le passé, l’environnement de consommation en Europe (environ 70% du chiffre d’affaires et du résultat d’exploitation de Carrefour) va continuer à pénaliser le groupe», note Natixis.

Si l’Amérique latine confirme son rôle de moteur de croissance (+10,1% au troisième trimestre après +6,9% au deuxième), deux points d’inquiétude demeurent.

D’une part, l’Italie a enregistré une contre-performance, avec une chute de 6,6% de ses ventes, contre -4,3% au deuxième trimestre, alors que l’Espagne enregistre un meilleur trimestre. Carrefour invoque une forte intensité concurrentielle.

D’autre part, la Chine s’enfonce dans le rouge, avec une baisse de 6,1% de ses ventes, après -3,6% au deuxième trimestre, en raison d’une baisse de la consommation.

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