BP entend désormais mettre un terme à son aventure mouvementée en Russie
BP s’apprête à tirer un trait sur neuf années d’une présence rentable mais mouvementée en Russie à travers TNK-BP International, détenue à parité avec le consortium Alfa Access Renova (AAR). Celui-ci regroupe les intérêts des hommes d’affaires russes Viktor Vekselberg, Len Blavatnik, Guerman Khan et de Mikhaïl Fridman, directeur général démissionnaire de TNK-BP.
Ayant reçu «des marques d’intérêt non sollicitées concernant le rachat de sa participation dans TNK-BP», BP a annoncé avoir fait part à AAR de «son intention d’engager un processus de vente». Si aucune précision supplémentaire n’a été apportée, le consortium russe avait auparavant déclaré être ouvert à un rachat de la participation de BP.
Alors qu’elle a généré 29% de la production de BP et un cinquième de son bénéfice net en 2011, cette filiale est depuis plusieurs années engluée dans un conflit entre actionnaires, aiguillonné par la tentative avortée de BP de conclure l’an dernier une alliance avec le pétrolier public Rosneft afin d’explorer l’Arctique. L’initiative avait été considérée par AAR comme une violation du pacte d’actionnaires. Des dissensions ultérieures concernant la nomination d’un administrateur indépendant ont également empêché la tenue d’un conseil d’administration de TNK-BP cette année.
Compte tenu de l’intérêt stratégique de la filiale, le prix de cession devrait être bien supérieur aux 18 milliards de dollars que représente la quote-part de BP dans la capitalisation boursière du véhicule coté TNK-BP Holding, détenu à 95% par TNK-BP International. Les analystes de Bank of America estiment que cette vente pourrait rapporter au groupe britannique «entre 25 et 30 milliards de dollars», en soulignant des incertitudes liées à l’identité des candidats potentiels et au temps nécessaire pour finaliser la transaction.
Si ce désengagement constitue un revers pour BP, il traduit également les difficultés de la Russie à gérer ses relations avec les investisseurs étrangers.
D’un point de vue financier, ce retrait «effacerait la dette nette de BP et ouvrirait le champ de ses alternatives stratégiques», relève néanmoins Nick Copeman, analyste chez Oriel. L’endettement net à fin mars du pétrolier britannique s’élevait en effet à 31,2 milliards de dollars.
Accueillant positivement cette volonté de retrait, les investisseurs ont fait gagner vendredi 1,8% à l’action BP qui a terminé à 402 pence.
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