Bouygues pense avoir endigué les pertes de sa filiale de télécoms
Certains disaient Martin Bouygues soucieux ces dernières semaines. La journée d’hier a certainement remonté le moral du PDG du groupe de construction et de communication. En un jour, la capitalisation boursière de la société a regagné 0,8 milliard d’euros, après la publication de résultats annuels finalement moins mauvais que redouté et la confirmation d’un dividende de 1,6 euro par action. Le bénéfice net de Bouygues a tout de même chuté de 41% en 2012, principalement en raison de la perte nette de 14 millions d’euros de sa filiale de télécoms. Bouygues Telecom n’avait plus perdu d’argent depuis le début des années 2000.
Le troisième opérateur des télécoms français a subi de plein fouet l’arrivée de Free Mobile sur le marché il y a un an. En douze mois, l’excédent brut d’exploitation de Bouygues Telecom a fondu de 364 millions d’euros, soit une baisse de 29%, alors que celui de France Télécom dans le mobile a France n’a plié «que» de 10% (-369 millions d’euros). Quant à SFR, la perte d’Ebitda en valeur absolue atteint 501 millions d’euros, mais la baisse ressort à 13% en valeur relative.
Alors que le chiffre d’affaires de Bouygues Telecom devrait encore plier de 7% cette année, après un recul de 9% en 2012, le groupe mise sur le succès de son plan d’économies de 300 millions d’euros pour endiguer la chute d’Ebitda de sa filiale. «Cette nouvelle étape de la transformation de Bouygues Telecom aura pour objectif de permettre la stabilisation de l’Ebitda dès 2013», espère Martin Bouygues. Ce qui permettrait alors à l’ensemble du groupe de faire croître de nouveau ses bénéfices consolidés en 2013, grâce notamment à son activité dans la construction, dont le carnet de commandes est à un niveau record de 12 milliards d’euros.
La flambée boursière d’hier donne du crédit aux espoirs de Martin Bouygues, dont la société reste encore fortement décotée. La capitalisation boursière représente à peine 75% de l’actif net du groupe. Surtout, à 7,1 milliards d’euros, la valeur boursière de Bouygues reste assez largement inférieure à celle d’Iliad (Free), à ses plus hauts autour de 8,3 milliards d’euros, malgré un chiffre d’affaires annuel 10 fois plus gros que celui de son encombrant concurrent dans les télécoms. Une situation qui agace particulièrement Martin Bouygues.
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