Bonomi offre 790 millions d’euros pour torpiller l’OPA sur le Club Med
Forcé par l’AMF à déposer une offre sur le Club Méditerranée avant hier soir ou à y renoncer pendant six mois, l’homme d’affaires italien Andrea Bonomi a finalement opté pour la contre-offre. Global Resorts, contrôlé par BI-Invest, holding de tête de la famille Bonomi, propose 21 euros par action Club Med et 22,41 euros par Oceane 2015, soit une prime de 22% sur l’offre de Gaillon Invest (regroupant le chinois Fosun, Ardian et le management du Club). L’action a été suspendue hier à 19,51 euros.
Cette surenchère valorise la cible 790 millions d’euros (870 millions en valeur d’entreprise). «Ceci démontre que le prix de 17 euros, remonté à 17,50 euros, était très en dessous de la vraie valeur de la société, s’est félicité Colette Neuville, présidente de l’Adam. Le marché a donné raison à l’Adam d’avoir contesté l’offre de Gaillon et tort à la fois à l’expert qui en a certifié l’équité, et au conseil d’administration qui l’a recommandée aux actionnaires.»
Critiquant l’incapacité du Club Med à mettre en œuvre sa stratégie, Andrea Bonomi a dévoilé un plan axé sur un développement plus équilibré entre l’Asie, l’Europe et les Amériques, sur une accélération des ouvertures de villages 4 et 5 tridents tout en maintenant une offre 3 tridents modernisée. Sur les quatre prochaines années, Global Resorts compte investir 150 millions d’euros supplémentaires, soit au total 484 millions d’investissements, avec un plan dédié pour la France, une politique commerciale plus dynamique, et une modernisation du programme de fidélisation.
L’initiateur de l’offre, conseillé par Lazard et UniCredit, s’est associé à des acteurs du tourisme: Sol Kerzner (fondateur des groupes Atlantis et One&Only), GP Investments (troisième groupe hôtelier au Brésil) et le management de PortAventura. Ils détiennent 10% de Global Resorts. Le solde appartient à Investindustrial et ses investisseurs. La famille Bonomi détient seulement 18% de Global Resorts. L’offre sera financée à hauteur de 474 millions en fonds propres et de 240 millions en dette.
Andrea Bonomi, qui promet une autre opération en France dans le tourisme avant la fin de l’année, veut séparer les fonctions de président et de directeur général, mais assure qu’il n’occupera aucune des deux places, donnant la préférence à des Français. Les jeux sont loin d’être terminés. Gaillon, qui étudie pour le moment le projet de Bonomi, a la possibilité d’annoncer une surenchère…
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