Birkenstock trébuche lors de ses premiers pas à Wall Street
Le fabricant allemand de chaussures haut de gamme Birkenstock Holding avait pourtant joué la carte de la prudence. Compte tenu de la volatilité des marchés, le groupe avait choisi de fixer le prix de son introduction en Bourse aux Etats-Unis au milieu de la fourchette indiquée, à 46 dollars par action, alors que la demande aurait été suffisante pour fixer le prix de la vente d’actions au sommet de la fourchette de 44 à 49 dollars par action, selon des personnes familières avec le dossier citées par Reuters.
Une option qui n’a pas payé puisque le titre a plongé lors de sa première cotation à Wall Street. Vers 21h (heure de Paris), il abandonnait 11%, à 40,9 dollars, ramenant sa capitalisation boursière à environ 8,3 milliards de dollars, contre 9,3 milliards à son prix d’introduction.
Birkenstock est la quatrième grande entreprise à lancer une introduction en Bourse aux États-Unis au cours des quatre dernières semaines, après le concepteur de puces Arm Holdings, l’application de livraison de produits alimentaires Instacart et la plateforme d’automatisation du marketing Klaviyo.
Cette vague d’introductions en Bourse a brièvement fait naître l’espoir d’une reprise générale des marchés des capitaux après une période d’inactivité de près de 18 mois. Toutefois, les trois sociétés nouvellement cotées ont abandonné la plupart des gains réalisés sur le cours de leurs actions dans les jours qui ont suivi leur cotation, ce qui suscite des inquiétudes quant aux perspectives à court terme des nouveaux lancements sur les marchés boursiers. Et les déboires du fabricant de chaussures ne sont pas de nature à les rassurer.
Négociations à partir du 11 octobre
Birkenstock a été fondée en 1774 dans le village allemand de Langen-Bergheim par Johannes Birkenstock et son jeune frère Johann Adam Birkenstock, tous deux cordonniers. La famille Birkenstock a dirigé l’entreprise pendant six générations après sa création.
La marque a cherché à se positionner comme un article de mode porté par des mannequins et des célébrités. Barbie, interprétée par Margot Robbie, portait une paire de Birkenstocks roses dans la scène finale du film sorti cet été.
L Catterton, le groupe de capital-investissement soutenu par le milliardaire français Bernard Arnault et l’empire du luxe LVMH, a acquis une participation majoritaire dans Birkenstock en 2021.
Après l’introduction en Bourse, L Catterton détiendra une participation de 82,8% dans Birkenstock et contrôlera la majorité des droits de vote combinés de ses actions en circulation.
Goldman Sachs, JPMorgan Chase et Morgan Stanley étaient les principaux teneurs de comptes de l’opération.
(Avec Reuters)
Plus d'articles du même thème
-
La coentreprise d'Amundi SBI Funds Management s'introduira en Bourse le 21 juillet
Après une première tentative avortée en 2021, la coentreprise de gestion d'actifs d'Amundi et de State Bank of India va ouvrir 10% de son capital via son introduction en Bourse. -
Les investisseurs doutent de l’industrie de défense
Dans un contexte boursier peu favorable aux fabricants d’armes depuis six mois, le groupe franco-allemand KNDS a reporté son projet de cotation à Paris et Francfort. Plusieurs catalyseurs pourraient toutefois ramener les investisseurs sur un secteur qui affiche d’excellentes perspectives. -
Carlsberg prépare la mise en Bourse de sa filiale indienne
L’opération, réalisée sous forme confidentielle, pourrait s’élever à 700 millions de dollars en incluant la cession de titres existants.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
- La nouvelle hausse du Livret A coûtera plus de 800 millions d’euros aux banques
- Le Crédit Agricole a injecté au total plus d’un milliard d’euros dans BforBank
- La Corée, un tigre asiatique qui commence à vieillir
- BNP Paribas et Caceis veulent sortir du métier des services aux émetteurs
- Christine Lagarde pourrait quitter la BCE plus tôt que prévu à cause de la présidentielle française
Contenu de nos partenaires
-
Volkswagen, toujours en crise, réfléchit à un nouveau plan d'économies
Les salariés s'opposent à la piste, évoquée dans la presse outre-Rhin, de la fermeture de quatre sites en Allemagne -
EditorialBudget 2027 : revoilà l'arnaque du patriotisme fiscal
Les contours d'une alternative light à la taxe Zucman restent flous. Pas la stratégie pour l'imposer : elle consiste à inverser la charge patriotique -
FertilisationsEngrais : la prise de conscience des dépendances débouche sur un plan d'urgence
La crise d'Ormuz a mis en lumière à la fois la grande dépendance française aux importations d'engrais (70 % des besoins) et aux énergies fossiles et la fragilisation de pans entiers de la production, notamment en grandes cultures