BHP Billiton et Akzo Nobel argumentent face à Elliott
Le groupe minier veut continuer à tirer parti de la rentabilité élevée du pétrole, tandis que le chimiste néerlandais soutient son président.
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Yves-Marc Le Réour
Champ pétrolier Shenzi exploité par BHP Billiton dans le Golfe du Mexique (Etats-Unis).
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Photo BHP Billiton.
Les pressions exercées par Elliott Management sur BHP Billiton et Akzo Nobel en vue d’augmenter leur création de valeur respective ont incité hier ces entreprises à répliquer au fonds activiste. Peter Beaven, directeur financier de BHP Billiton, a déclaré à des analystes que le groupe minier avait sollicité au cours des huit derniers mois les conseils de deux banques d’investissement pour examiner l’intérêt d’une séparation de ses activités pétrolières américaines, une mesure proposée par Elliott, après avoir déjà considéré cette possibilité en 2013 et 2015.
Le groupe anglo-australien en a conclu que sa division pétrole lui procurait «une diversification inhabituelle mais très avantageuse», explique Peter Beaven. Elle a dégagé «une marge brute d’exploitation moyenne de 66% sur les cinq dernières années», la plus élevée de l’entreprise, tout en permettant des transferts croisés de savoir-faire avec d’autres activités (minerai de fer, charbon, potasse). BHP Billiton prévoit de consacrer plus de la moitié de ses investissements à cette division d’ici à 2021.
Plutôt que de racheter ses actions pour 6 milliards de dollars (5,65 milliards d’euros) comme le souhaite Elliott, le groupe préfère consolider son bilan au moment où le minerai de fer, qui représente près de la moitié de son résultat d’exploitation, voit ses prix repartir à la baisse. Depuis un plus haut de deux ans atteint en février, les cours ont reculé de 22% en raison d’une hausse de l’offre de minerai transporté par voie maritime et d’un affaiblissement concomitant de la demande chinoise.
De son côté, Akzo Nobel a reçu d’un groupe d’actionnaires conduits par Elliott une demande de convocation d’assemblée générale extraordinaire pour révoquer son président du conseil de surveillance, Antony Burgmans. Le fonds activiste, qui détient 3,25% du groupe chimique néerlandais, veut pousser ce dernier à négocier avec l’américain PPG Industries, qui a offert en vain 22,4 milliards d’euros pour s’en emparer.
Si Akzo Nobel dispose de 14 jours pour répondre à la demande du fonds Elliott, «le conseil de surveillance soutient fortement Antony Burgmans dans sa fonction de président», souligne le groupe qui projette de scinder sa division chimie. Il a par ailleurs signalé à l’AFM, l’autorité des marchés aux Pays-Bas, qu’il soupçonnait PPG et Elliott d’avoir partagé des «informations sensibles», ce qui a pu influencer les mouvements de son cours de Bourse.
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