Balfour Beatty rejette une nouvelle proposition de fusion de Carillion
Sans attendre la date butoir réglementaire du 21 août, le groupe de BTP Balfour Beatty a annoncé hier avoir refusé une nouvelle offre de fusion sans prime de son concurrent Carillion. En dépit des synergies qui découleraient d’un tel rapprochement, le premier met en avant «plusieurs risques significatifs» que cette opération à 3 milliards de livres (3,75 milliards d’euros) lui ferait encourir. Le principal d’entre eux concerne la cession prévue de sa filiale de conseil en ingénierie Parsons Brinckerhoff, qui constitue à ses yeux «un objectif stratégique majeur» et qui serait toujours exclue du projet amendé de Carillion.
Le fait que Carillion prévoit désormais le versement d’un dividende final réservé aux actionnaires de Balfour Beatty, qui détiendraient 56,5% de l’entité élargie, semble insuffisant pour changer la donne. Le conseil d’administration de Balfour Beatty juge également que l’intégration des deux groupes contribuerait à affaiblir davantage son activité de construction sur le marché britannique, ce qui entraînerait «des risques opérationnels et financiers inacceptables».
En quête d’un nouveau directeur général, Balfour Beatty a par ailleurs publié des résultats semestriels affectés par des provisions passées sur des contrats d’ingénierie au Royaume-Uni. En dépit d’une baisse des coûts, son bénéfice net hors éléments exceptionnels a plongé de 53% à 13 millions de livres (16,3 millions d’euros) d’un an sur l’autre et son endettement net, qui exclut la dette sans recours de ses filiales spécialisées dans les contrats publics-privés (PPP), atteignait au 27 juin dernier 364 millions de livres, contre 173 millions un an plus tôt.
Le carnet de commandes affiche un repli de 1% à taux de change constants depuis fin 2013. Le groupe juge que le processus de cession de Parsons Brinckerhoff est «bien engagé» et réaffirme sa stratégie de recentrage sur les marchés américain et britannique. Les coentreprises situés en Asie et au Proche-Orient seront conservées «à condition qu’elles soient créatrices de valeur».
Concernant la rémunération de ses actionnaires, Balfour Beatty indique qu’il réexaminera sa politique de distribution de dividende «en fin d’année», lorsque la vente de Parsons Brinckerhoff aura été menée à bien. Il s’est déjà engagé à reverser à ces derniers jusqu’à 200 millions de livres sur le produit de cette cession.
Plus d'articles du même thème
-
La victoire de Lula fait vaciller les marchés brésiliens
Le président brésilien sortant a battu Flavio Bolsonaro à la surprise générale avec 51,8% des suffrages. Les investisseurs avaient parié sur la victoire du fils de l’ancien président, plus pro-marché. Le real chute de 9% face au dollar et la Bourse de 14%. -
Les entreprises payent plus cher leurs émissions obligataires
Les transactions ont repris la semaine passée sur le marché primaire euro. La demande est là mais exige d'être rémunérée pour un niveau de risque jugé plus élevé. -
Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Le géant américain de la technologie veut continuer à réduire ses effectifs. Il propose un plan de départ volontaire à plus d'un quart de ses salariés. Seuls les Etats-Unis, le Canada, l'Inde et le Royaume-Uni sont concernés.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
- Le taux souverain français dépasse 5%
Contenu de nos partenaires
-
IdiocratieParcoursup ou le tabou français de la sélection
Le gouvernement promet de réformer Parcoursup en 2027 avant de remplacer la plateforme en 2028. Derrière la mobilisation lycéenne, une bataille plus profonde se joue : celle de la sélection et de la valeur des diplômes -
Victoire à la PyrrhusBrésil : pourquoi le nouveau mandat de Lula s'annonce difficile
Le président brésilien de gauche peut se réjouir de sa spectaculaire remontada mais la forte progression du nombre de parlementaires bolsonaristes devrait compliquer son mandat -
EditorialVive la sélection à l’université !
Dans une société qui postule la singularité de chaque individu, la sélection ne peut pas ne pas exister. Et ce n’est pas une mauvaise chose