AstraZeneca n’est toujours pas prêt à se vendre à Pfizer
AstraZeneca compte faire monter les enchères. Le laboratoire britannique a une nouvelle fois rejeté l’offre, pourtant améliorée, de Pfizer. Trois jours après une deuxième fin de non-recevoir, le groupe américain a relevé vendredi sa proposition de 46,61 à 50 livres par action, soit une prime de 39% sur le cours du 3 janvier, précédant les premières avances de Pfizer. L’offre valorise désormais la cible 63 milliards de livres (106 milliards de dollars et 77 milliards d’euros).
Pour 1 action AstraZeneca, Pfizer propose 1,845 action du groupe combiné et 1.598 pence en cash, soit 32% en numéraire et 68% en titres. Initialement, le laboratoire américain proposait 70% de titres pour 30% de cash. Cette nouvelle offre «sous-évalue considérablement» la société, a répondu le conseil d’AstraZeneca. «Nous faisons preuve de dynamisme comme société indépendante, a expliqué Leif Johansson, président d’AstraZeneca. La proposition de Pfizer diluerait dramatiquement l’exposition des actionnaires d’AstraZeneca à notre pipeline unique et créerait des risques sur sa distribution».
Pourtant, «nous croyons que notre proposition répond aux attentes des actionnaires d’AstraZeneca et fournit une base solide pour parvenir à des termes recommandables pour la combinaison de nos deux sociétés», a expliqué Ian Read, directeur général de Pfizer. Ce dernier rappelle qu’une offre ferme ne serait déposée que si le conseil d’AstraZeneca recommande l’offre à l’unanimité et que les administrateurs s’engagent à apporter leurs titres. «Pfizer devra encore améliorer son offre pour aboutir à une ouverture des négociations, bon nombre d’investisseurs citant un prix compris entre 52 et 55 livres», précise un analyste de Deutsche Bank. Pour autant, le marché ne semble spéculer ni sur une surenchère, ni sur une contre-offre, l’action AstraZeneca clôturant vendredi à 48,08 livres (-0,15%).
Pfizer, qui veut notamment bénéficier de l’avantageux statut fiscal britannique et recycler une partie de la trésorerie qu’il ne peut rapatrier aux Etats-Unis sous peine de devoir payer 38% de taxes, fait face aussi à l’opposition britannique. Le groupe s’est fendu d’une lettre au Premier ministre, David Cameron, pour l’assurer que le pôle R&D d’AstraZeneca à Cambridge sera maintenu et que 20% des effectifs du nouveau groupe seront basés au Royaume-Uni. Le Parlement britannique va se pencher sur le dossier pour préserver emplois et R&D.
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