Arm lance son projet d’introduction en Bourse aux Etats-Unis
Arm Holdings Ltd, propriété de SoftBank Group Corp, a dévoilé son projet d’introduction en Bourse aux Etats-Unis, qui devrait être la plus grosse opération de l’année.
Le lancement d’Arm pourrait redonner vie à un marché des introductions en Bourse peu dynamique, qui a vu l’année dernière plusieurs startups de premier plan reporter leurs projets en raison de la volatilité du marché. L’entreprise britannique a mieux résisté que la plupart des autres au ralentissement de l’industrie des puces et s’oriente vers des segments toujours en plein essor, tels que l’informatique dématérialisée (cloud computing).
La société, dont la technologie des puces équipe la plupart des smartphones, y compris les iPhones, n’a pas révélé le nombre d’actions qu’elle prévoit de vendre ni la valorisation qu’elle cherchera à obtenir. Reuters a précédemment rapporté que SoftBank prévoyait de vendre environ 10% des actions d’Arm lors de l’introduction en bourse et de demander une valorisation comprise entre 60 et 70 milliards de dollars.
Arm prévoyait auparavant de lever entre 8 et 10 milliards de dollars lors de l’introduction en bourse, mais on s’attend désormais à ce qu’elle lève moins de capitaux, après que SoftBank a racheté les 25% de parts d’Arm qu’elle ne détenait pas directement à son fonds Vision Fund, soutenu par l’Arabie saoudite, comme l’a rapporté Reuters au début du mois d’août. SoftBank a confirmé l’accord avec le Vision Fund dans sa déclaration lundi.
Deuxième tentative
Fondée en 1990, Arm a été lancée en tant que coentreprise entre Acorn Computers, Apple Inc (à l'époque où elle s’appelait Apple Computer) et VLSI Technology. L’entreprise a été cotée à la Bourse de Londres et au Nasdaq de 1998 à 2016, date à laquelle SoftBank a racheté Arm pour 32 milliards de dollars.
SoftBank a commencé à préparer l’introduction en bourse d’Arm après qu’un accord de vente de la société à Nvidia Corp pour 40 milliards de dollars a échoué l’année dernière en raison des objections des régulateurs antitrust américains et européens.
Arm gagne de l’argent grâce à des droits de licence initiaux pour sa technologie, puis à des redevances payées sur chaque puce vendue par les clients d’Arm. Ses puces dominent le secteur des smartphones, mais elles sont également utilisées dans les ordinateurs portables fabriqués par Apple et dans certaines machines Windows.
La technologie d’Arm a également gagné 10% de parts de marché dans l’informatique en nuage, où elle est utilisée dans les réseaux ainsi que dans les processeurs centraux des serveurs.
Le seul domaine dans lequel Arm n’a pas encore fait de percée majeure est le marché de l’intelligence artificielle (IA), où Nvidia est le principal acteur, bien que Nvidia propose un processeur basé sur Arm dans le cadre de l’une de ses offres de «superpuce» qui combine une puce d’IA avec un processeur central traditionnel.
Cotation au Nasdaq
Arm a déclaré que 24% de son chiffre d’affaires provenait de la Chine au cours de son dernier exercice fiscal. Ce chiffre correspond globalement à celui de nombreuses autres entreprises du secteur des semi-conducteurs, mais les recettes d’Arm passent toutes par Arm China, une société distincte dans laquelle Arm ne détient qu’une participation indirecte de 4,8%.
Arm a déclaré que les contrôles à l’exportation imposés par les gouvernements américain et britannique et le ralentissement général de l'économie chinoise signifient que «nous nous attendons à continuer à voir diminuer les revenus de redevances, et nous pourrions voir diminuer les revenus de licences, provenant de» la Chine.
Au début du mois d’août, Reuters a rapporté que SoftBank avait eu des entretiens avec plusieurs entreprises technologiques, dont Amazon.com et Nvidia, qui envisagent d’investir dans l’introduction en Bourse d’Arm.
Arm a déclaré qu’elle prévoyait de s’inscrire sur le Nasdaq et de se négocier sous le symbole «ARM».
Barclays Plc, Goldman Sachs, JPMorgan Chase et Mizuho Financial Group sont les principaux souscripteurs de l’offre. Arm, qui a fait appel à 28 banques pour son introduction en bourse, n’a pas choisi de banque «chef de file» traditionnelle et répartira les commissions de souscription de manière égale entre les quatre premières banques.
(Avec Reuters)
Plus d'articles du même thème
-
N4 Group vient doper la Bourse de Paris avec sa nutrition sportive
Le groupe capitalisera 267 millions d’euros, après une augmentation de capital de 7 millions et des cessions de titres pour 43 millions. Le groupe se valorisé à 2,7 fois son chiffre d’affaires et 13 fois son résultat d’exploitation 2027. -
La start-up néocloud Lambda prépare son IPO, Michel Combes à la manœuvre
La start-up américaine lève 4 milliards de dollars en vue de son introduction en Bourse. Elle est dirigée depuis peu par le Français Michel Combes, qui fut récemment le discret sponsor financier de Pasqal. -
Schneider Electric rachète l'américain PTC pour 20 milliards d'euros
Après Cognite en juin, le groupe français se lance dans une opération encore plus ambitieuse avec le rachat de l'éditeur américain de logiciels d'ingénierie. Le marché s'inquiète du prix jugé élevé et de l'architecture financière de la transaction, réalisée en cash ce qui gonflera la dette.
ETF à la Une
T. Rowe Price entre sur le marché européen des ETF actifs
- Worldline s'assure une place dans la course à l'agentique
- Schneider Electric rachète l'américain PTC pour 20 milliards d'euros
- La France a encore des raisons de croire en son économie
- La France ne peut pas encore miser sur une intervention de la BCE
- Schneider Electric indispose les investisseurs en ciblant l’américain PTC
Contenu de nos partenaires
-
Net et sans bavurePrimaire sociale-démocrate : Raphaël Glucksmann plébiscité mais après ?
Avec 66 % des votants, le leader de Place publique a surclassé Olivier Faure dès le premier tour. Mais à peine son investiture acquise, certains dans son camp se chargeront de dynamiter cette rampe de lancement -
EditorialAccord Trump-Poutine : LFI et le RN face à leurs ambiguïtés sur l’Ukraine
Sans le faire exprès, l'Américain s’est peut-être invité dans la campagne présidentielle car cet accord peut agir comme un piège pour quiconque cultiverait une quelconque ambivalence sur la Russie -
Crise de croissanceLe régime des micro-entrepreneurs, ce très onéreux dispositif
Les inspections générales des affaires sociales (Igas) et des finances (IGF) dressent un portrait sévère de ce régime fiscal simplifié