Apax reprend en mains la direction d’Altran
Yves de Chaisemartin n’ira pas au bout de son mandat de PDG d’Altran, qui courait jusqu’à l’assemblée générale de 2012. Apax, premier actionnaire de la société de conseil en R&D, souhaite en effet le remplacer par Philippe Salle, ancien dirigeant de Geoservices, une société acquise l’an dernier par Schlumberger. Altrafin, la holding d’Apax qui détient 19,2% du capital d’Altran mais 31,2% de ses droits de vote, proposera une résolution en vue de la nomination de Philippe Salle lors de l’AG du 10 juin.
Le fonds d’investissement estime que Philippe Salle est aujourd’hui plus à même de mener le développement d’Altran, notamment à l’international. Le groupe réalise 47% de son chiffre d’affaires en France, soit 685 millions d’euros sur 1,4 milliard de recettes en 2010, un marché où il est fortement concurrencé par Alten ou Assystem.
La décision est cinglante pour Yves de Chaisemartin, 63 ans, dont le nom n’est pas cité dans le communiqué d’Apax. Avocat et ancien patron du Figaro, Yves de Chaisemartin était entré chez Altran en 2005 comme président du conseil de surveillance. A l’époque, la société était encore ébranlée par le scandale financier et comptable de 2001 qui a valu à plusieurs de ses dirigeants, dont les fondateurs Hubert Martigny et Alexis Kniazeff, d’être mis en examen. Devenu PDG en 2006, le dirigeant fait appel à Apax début 2008 pour éponger les dettes de la société. Au total, entre les actions achetées aux fondateurs et la souscription à de nouveaux titres, le fonds investit plus de 130 millions d’euros. A l’époque, les nouvelles actions sont émises au prix de 5,2 euros. Hier soir, le cours d’Altran n’était que de 5 euros.
L’éviction annoncée d’Yves de Chaisemartin marque donc une véritable reprise en mains d’Apax. En plus du changement de PDG, le fonds demandera lors de l’AG la nomination d’un administrateur supplémentaire en la personne de Monique Cohen. Il détiendra ainsi trois sièges sur les neuf que compte le conseil, en dehors du censeur. «Ainsi renforcé, le conseil d’administration d’Altran pourra s’appuyer sur l’expérience et la compétence de l’ensemble des administrateurs pour définir une stratégie de croissance à la hauteur du potentiel de développement du groupe», espère Apax.
Selon le document de référence 2010 d’Altran, Yves de Chaisemartin ne percevrait pas «d’indemnités ou avantages dus ou susceptibles d’être dus en raison de la cessation ou du changement de fonctions».
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