Amber expose les limites du groupe Lagardère
Arnaud Lagardère s’habitue aux actionnaires activistes. Cette année, c’est le fonds Amber Capital qui a décidé de s’attaquer à la forteresse Lagardère à l’occasion de l’assemblée générale du groupe ce jeudi. Forteresse, car le statut de société en commandite par actions permet à Arnaud Lagardère de contrôler l’entreprise qui porte son nom avec à peine plus de 7% du capital et 11% des droits de vote. Le seul moyen pour Amber de peser sur la stratégie du groupe est de réclamer deux sièges au conseil de surveillance à l’occasion du renouvellement du mandat de certains administrateurs.
Soyons clairs, le fonds activiste n’a quasiment aucune chance d’arriver à ses fins avec seulement 4% du capital en main. Mais son initiative traduit les questions lancinantes qui escortent le groupe Lagardère, sa stratégie et sa gestion. Sur les quatre métiers du groupe – l’édition, la distribution, les médias et le sport – les deux derniers ont vu leur chiffre d’affaires baisser l’an dernier. Le parcours boursier est à l’avenant : l’action Lagardère perd 10% depuis le début de l’année alors que l’indice CAC 40 progresse de 4%. Sur longue période, l’écart de performance est encore plus marqué. Autre problème, le groupe dégage des flux de trésorerie négatifs alors qu’il doit trouver du cash pour remonter tous les ans un dividende à ses actionnaires et notamment au premier d’entre eux.
C’est pour ces raisons qu’Arnaud Lagardère a annoncé ces derniers mois son souhait de réduire son périmètre d’activités. La branche médias, Lagardère Active, va subir un régime sec. Ses radios en Europe de l’Est ont été vendues mi-avril, et le pôle négocie avec le numéro un de la presse en République tchèque la cession de ses magazines en France, dont l’emblématique féminin Elle. Reste à savoir à quel rythme le groupe effectuera ce recentrage, et quel usage il fera des ressources financières ainsi libérées.
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