Altice-Numericable lance sans tarder la syndication de sa dette bancaire pour payer SFR

Le câblo-opérateur rencontre les investisseurs aujourd’hui et demain en vue de syndiquer 5,6 milliards d’euros de dette «covenant light»
Olivier Pinaud

Londres aujourd’hui, New York demain. Cinq jours après avoir été retenu par Vivendi pour racheter SFR, le groupe Altice-Numericable part à la rencontre des investisseurs pour leur vendre 5,6 milliards d’équivalents euros de dette senior à 6 ans et 950 millions de crédit revolving. Cette syndication, qui sera suivie d’émissions obligataires, lance le processus de financement du rachat de SFR qui, au total, nécessitera près de 15,8 milliards d’euros de dette nouvelle ou à refinancer, hors ligne de crédit revolving.

Il s’agit du plus important montage de dette high yield dite «covenant light» jamais lancé par une société européenne. La dette ne porte en effet que des «incurrence covenants», des clauses financières testées uniquement à l’occasion d’événements particuliers (cessions d’actifs, levée de nouvelle dette...). Le groupe Altice-Numericable n’aura donc pas à soumettre régulièrement à ses prêteurs ses ratios de levier (dette nette sur Ebitda) ou de couverture des charges financières. Numericable est notée B1 par Moody’s, quatre crans en dessous de la catégorie investisseurs, et B+ par S&P. Altice, la maison mère de Numericable, est également notée B1 par Moody’s et BB- par S&P. La direction du groupe Altice-Numericable a indiqué en début de semaine ne pas spécialement viser un passage de la société en catégorie investissement même si elle se dit confiante sur sa capacité de désendettement. Une fois toutes les émissions réalisées, Altice consolidera une dette nette de 19 milliards d’euros, soit 4,6 fois son Ebitda.

En se lançant sans tarder sur le marché du crédit, Altice-Numericable peut espérer profiter des conditions exceptionnelles dont bénéfice la dette high yield depuis quelques semaines en raison d’un excès de liquidités, à la fois pour allonger la maturité moyenne de sa dette et son coût moyen. La dette senior proposée aux investisseurs est divisée en deux tranches, l’une en euros de 2,6 milliards et la seconde libellée en dollars pour un montant représentant environ 3 milliards d’euros.

Deutsche Bank, Goldman Sachs et JPMorgan sont coordinateurs globaux et co-teneurs de livre de la syndication, avec Barclays, BNP Paribas, Crédit Agricole, Credit Suisse, ING et Morgan Stanley.

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