Alstom veut s'éviter les mêmes critiques que dans l’affaire Vivendi-SFR
Alstom a entendu les critiques soulevées au moment de la vente de SFR par Vivendi. Alors que le projet de cession à General Electric de sa branche énergie est contrarié par l’intervention du gouvernement, le groupe est décidé à se montrer exemplaire dans le processus final de décision. Un comité ad hoc, composé d’administrateurs et dirigé par Jean-Martin Folz, sera chargé d’examiner les offres présentées par GE et par Siemens, voire par les candidats qui pourraient émerger dans les prochains jours.
Jusque-là, rien de neuf par rapport à la méthode Vivendi. En revanche, Alstom veut aller plus loin en matière de respect des règles de gouvernement d’entreprise. En plus du comité ad hoc, le groupe nommera un expert indépendant chargé de se prononcer sur l’équité des offres, a indiqué à L’Agefi une source proche du dossier. Vivendi n’avait pas pris cette précaution au moment de la vente de SFR à Numericable, ce qui lui avait valu les critiques de Colette Neuville, la présidente de l’Association de défense des actionnaires minoritaires.
Seconde garantie apportée par Alstom à ses actionnaires: la direction du groupe prévoit de présenter en assemblée générale le dossier de rachat retenu. La présence de Bouygues, à la tête de 29,4% du capital, limite toutefois le risque d’une réelle opposition lors de l’AG.
A la différence des règles en vigueur au Royaume-Unie, la loi française n’oblige pas un groupe à soumettre en AG un projet de cession d’un actif essentiel. Alstom se conformerait toutefois à la lettre au code Afep-Medef. Celui-ci stipule que «même s’il ne s’agit pas d’une modification de l’objet social, le conseil doit saisir l’assemblée générale si l’opération concerne une part prépondérante des actifs ou des activités du groupe».
L’exemplarité affichée sur ces points par Alstom répond aux exigences d’Arnaud Montebourg. Dans ses nombreuses interventions d’hier, le ministre de l’Economie a demandé à ce que «l’AMF donne instruction au conseil d’administration d’Alstom d’assurer l'égalité de traitement stricte entre l’offre de Siemens et de General Electric». Demande entendue. Gérard Rameix, le président de l’AMF, a indiqué hier avoir écrit à Patrick Kron, le président d’Alstom, afin de lui rappeler que «le conseil d’administration avait pour devoir envers les actionnaires d’examiner les différentes solutions de façon objective et professionnelle, sur la base de critères clairs».
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