Alstom songe à s’allier avec GE dans la signalisation ferroviaire

Le PDG du groupe français est moins intéressé par le rachat des locomotives de fret du conglomérat américain, censé renforcer sa branche transport
Yves-Marc Le Réour

Pour faire plus facilement accepter par les pouvoirs publics le rachat de sa branche énergie par General Electric (GE), Alstom songe à une alliance dans la signalisation ferroviaire avec le conglomérat américain. Patrick Kron, PDG de l’équipementier français, est en revanche nettement moins intéressé par un rachat des locomotives de fret de GE, qui permettrait selon le gouvernement français de renforcer Alstom Transport. «Mon intérêt porte beaucoup plus sur les activités de signalisation qu’une diversification dans un métier dans lequel nous ne sommes pas», a déclaré celui-ci.

Le dirigeant a précisé que si le conseil d’administration approuvait le projet présenté par GE, les actionnaires du groupe français devraient être consultés «à l’automne prochain», probablement avant la fin du mois d’octobre, en laissant entendre qu’il n’aurait alors pas vocation à demeurer à la tête du groupe recentré. «Mon objectif, tout en assurant la sérénité, la rigueur et la transparence du processus, c’est que celui-ci ne s'étale pas sur des durées inconsidérées parce que, à l’arrivée, c’est l’entreprise et ses salariés qui en paieraient le prix», a-t-il souligné.

En cas de vente de l’activité énergie, une partie du produit de cession servira à renforcer le bilan de la branche Transport, dont l’introduction en Bourse avait été envisagée. Le gouvernement allemand a de son côté déclaré que les discussions entre Siemens et Alstom sur un possible rachat de la branche énergie du groupe français étaient avant tout du ressort des deux entreprises.

La nécessité grandissante d’un adossement d’Alstom est manifeste si l’on se réfère à son flux de trésorerie disponible, redevenu négatif à hauteur de 171 millions d’euros sur l’exercice clos le 31 mars dernier, alors qu’il était positif de 408 millions un an plus tôt. Sur le second semestre (octobre 2013-mars 2014), le cash flow libre ressort positif à hauteur de 340 millions. L’endettement net du groupe, également pénalisé par le dividende versé au titre de l’exercice précédent, a augmenté de 30% d’un an sur l’autre à 3 milliards d’euros.

De surcroît, après avoir gagné un premier appel d’offres lancé par l’Etat français pour des éoliennes en mer au printemps 2012, Alstom associé à EDF vient de perdre le deuxième appel d’offres portant sur la construction et l’exploitation de 124 éoliennes au large du Tréport et de Noirmoutier. Ce contrat a été remporté par GDF Suez allié à Areva pour les turbines.

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