Alstom avance à grande vitesse grâce à son activité transports
Objet de toutes les convoitises durant de longs mois, Alstom n’en a pas moins continué à engranger les commandes au printemps. Alors que finalement l’activité énergie du groupe français est vouée à passer sous la bannière américaine de General Electric, son activité transport a tenu le haut de l’affiche sur le premier trimestre de l’exercice, d’avril à juin.
Cela particulièrement grâce à un contrat record de 4 milliards d’euros signé en Afrique du Sud pour la fourniture et la maintenance de quelque 600 trains périurbains, symbole selon le PDG Patrick Kron de la «dynamique commerciale soutenue» du groupe. Le volume des commandes reçues par ce dernier a doublé sur le trimestre écoulé (+114% en organique) pour s’élever à 8,2 milliards d’euros. Celui de la seule branche énergie a tout de même progressé de 21% (dont +48% pour la transmission électrique ou Grid, à 1,2 milliard). Le carnet de commandes atteint à fin juin un niveau inédit de 56 milliards, soit près de 3 ans d’activité (33 mois de ventes, et 4,5 ans pour la seule division transports).
Le chiffre d’affaires du trimestre a pourtant reculé de 1% en organique (soit sans prise en compte d’un effet négatif de 3 points des variations de change) à 4,3 milliards d’euros. Ici encore les transports sont à la fête, avec une croissance organique de 17% à 1,5 milliard soit un tiers du total. En parallèle, la branche énergie a subi un déclin organique de 8% de ses ventes.
Des chiffres «encourageants» selon Gaël de Bray à la Société Générale, car, comme le soulignent les analystes d’Aurel, le marché «devrait surtout se focaliser» sur la branche transports alors que la transaction avec GE est sur les rails. Alstom ne s’enflamme tout de même pas, avançant que le bond des ventes en transports au trimestre écoulé «n’est pas extrapolable sur le reste de l’année», même si le groupe table pour l’heure sur une «progression soutenue». Le groupe français «n’est pas en mesure» de fournir des prévisions pour l’exercice en cours sur l’ensemble de son périmètre.
Patrick Kron a cependant jugé indispensable de communiquer plus en détail sur les perspectives d’Alstom Transport d’ici à l’assemblée générale prévue cette année et devant valider la transaction nouée avec GE. Le PDG a également promis la divulgation à cette occasion d’«éléments» concernant une possible rétribution des actionnaires suite à la finalisation de l’opération.
Plus d'articles du même thème
-
L’Europe renforce la protection de son marché de l’acier
Le dernier train de mesures arrivant à échéance, les institutions européennes ont décidé de renforcer les droits de douane et les contingents d’importation afin d’assurer la survie des aciéristes du Vieux Continent. -
La concentration bancaire reste à la main des Etats
Alors qu'Intesa remet une pièce dans le jeu des fusions bancaires, les vaines tentatives se sont multipliées en Europe ces dernières années. L'absence d’Union bancaire a souvent été mise en avant pour expliquer ces échecs, mais les opérations ratées, qu’elles soient locales ou transfrontalières, ont avant tout été arrêtées par le pouvoir politique. -
La Chine somme ses fonds d'investissement de servir l'Etat et l'innovation
La China Securities Regulatory Commission appelle l'industrie des fonds à servir les priorités stratégiques nationales plutôt que les engouements de marché.
ETF à la Une
WisdomTree rejoint la course aux ETF spatiaux en Europe
- L'extravagante valorisation de SpaceX suscite le vertige
- Les banques affûtent leur stratégie de conquête dans l’immobilier
- Airbus se dirige vers un deuxième trimestre réjouissant
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- BNP Paribas Fortis, déjà numéro un, veut se dépasser en Belgique
Contenu de nos partenaires
-
Montagnes russesCette erreur de diagnostic qui a plombé toute réforme des retraites sous Macron
En 2016, le Conseil d'orientation des retraites publie un rapport rassurant sur l'état financier du système. Un rapport trop optimiste qui a nourri la défiance -
Jean-Hervé Lorenzi : « Notre grand problème, c’est le choc démographique à venir »
Le président du Cercle des Economistes juge que le vieillissement de la population coûtera entre 30 et 50 milliards d’euros par an d’ici trois à quatre ans. Pour la fin 2026, il table sur une croissance nulle, avec une inflation de l'ordre de 2 à 3 % -
LibertésLa fin programmée de la culture écrite ?
Dans quelques années, si ce qu’on voit se produire aujourd’hui se confirme, nous disposerons de monceaux d’écrits générés au kilomètre qui seront des AIGC (artificial intelligence generated content)