Alcatel-Lucent prépare la mise en Bourse de ses câbles sous-marins

Le groupe a annoncé, à l’occasion de la publication de ses résultats, l’IPO de sa filiale ASN au premier semestre 2015
Alice Lapijover

«C’est une décision stratégique et non un plan alternatif», a déclaré d’entrée de jeu Michel Combes, PDG d’Alcatel-Lucent au sujet du projet d’introduction en Bourse d’Alcatel-Lucent Submarine Networks (ASN), prévue au premier semestre 2015. Annoncée lors de la présentation des résultats du deuxième trimestre d’Alcatel-Lucent, la possible IPO de son activité sous-marine permettrait au groupe franco-américain de renforcer «sa position de leader dans les systèmes de télécommunication sous-marins et sa diversification vers les marchés du secteur pétrole & gaz». Celui-ci représenterait d’après les dirigeants d’Alcatel une opportunité équivalente à celui des télécoms aujourd’hui.

Dynamique mais cyclique, l’activité des câbliers a été faible en 2013 et devrait reprendre en 2014, a déclaré Michel Combes. Le contrat signé début mars 2014 avec le consortium SEA-ME-WE 5 (South East Asia-Middle East-Western Europe 5) pour un montant estimé à plusieurs centaines de millions de dollars est un signe prometteur.

En janvier 2013, Alcatel-Lucent aurait déjà essayé de vendre sa filiale aux fonds d’investissement Permira Advisers, PAI Partners et au FSI (Fonds stratégique d’investissement), rapportait à l’époque Bloomberg. La filiale de câbles sous-marins pourrait être valorisée entre 600 millions et 800 millions d’euros d’après Eric Beaudet, analyste chez Natixis. Seule une partie de ce montant devrait être levé en Bourse: Alcatel-Lucent souligne que le groupe détiendrait la majorité du capital d’ASN à l’issue de l’opération.

Outre la mise à l’étude d’une ouverture du capital d’ASN, Alcatel-Lucent a annoncé, pour le deuxième trimestre, un chiffre d’affaires de 3,28 milliards d’euros en ligne avec les attentes et une marge brute en progression, s’établissant à 32,6%. «En combinaison avec une réduction continue des coûts fixes, [cela permet] d’améliorer fortement l’EBIT qui ressort à 136 millions d’euros, au-dessus des 110 millions attendus par le consensus», note l’analyse de Natixis. L’entreprise enregistre une perte nette de près de 300 millions d’euros, un montant trois fois moins important qu’au deuxième trimestre 2013. Suite à la publication de ces résultats, le management a réaffirmé son objectif d’un flux de trésorerie net positif à l’horizon 2015. Il devrait être aidé en cela par la levée prochaine des gages émis sur les brevets du groupe.

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