Ahold n’exclut pas des acquisitions pour répondre à la compétition aux Etats-Unis
Entre le rachat l’an dernier de Shaw’s par Cerberus, la bagarre actuelle pour le contrôle de Family Dollar, et l’offensive concurrentielle de Wal-Mart, le marché américain de la distribution est en pleine recomposition. Le groupe néerlandais Ahold n’échappe pas au mouvement. Le distributeur, qui réalise 60% de son chiffre d’affaires aux Etats-Unis notamment sous les enseignes Stop & Shop et Giant, s’est lancé depuis l’an dernier dans un plan de modernisation de ses magasins américains afin de répondre à la montée de la concurrence. A la fin du premier semestre, 320 supermarchés avaient été rénovés, soit 40% de sa base. Fin 2014, le groupe espère avoir dépassé la barre des 50%.
Avec ce plan d’investissement, Ahold espère relancer ses parts de marché. Le chiffre de ses magasins américains, à données comparables et hors essence, a plié de 1,8% au deuxième trimestre 2014. Conséquence, la marge d’exploitation d’Ahold USA a cédé 0,5 point à 3,7% sur la période.
Autofinancé par les économies qu’il doit générer (estimées à plus de 250 millions de dollars), ce plan d’investissement pourrait être complété par des acquisitions, a indiqué hier Dick Boer, le directeur général d’Ahold. Ce dernier n’a pas souhaité commenter l’éventuel intérêt que son groupe pourrait avoir pour Market Basket, en proie à des dissensions entre actionnaires familiaux. Le trop fort recoupement géographique entre les deux chaînes réduit l’intérêt d’une telle opération pour Ahold, notent toutefois les analystes d’ABN Amro.
Aux Pays-Bas, où sa chaîne Albert Heijn est numéro un de la distribution, Ahold lutte contre la baisse des prix imposée par la faiblesse de la consommation. Ses ventes à périmètre comparable ont baissé de 1,7% au deuxième trimestre, après un recul de 1,4% au cours des trois premiers mois de l’année. Selon Dick Boer, il est «trop tôt pour évoquer une stabilisation du marché» néerlandais. Au total, le bénéfice d’exploitation récurrent du distributeur a reculé de 15,5% au deuxième trimestre pour s'établir à 288 millions d’euros. Ses ventes ont baissé de 1,1% à 7,4 milliards d’euros.
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