Actelion rassemble ses troupes avant l’assemblée générale du 5 mai
L’assemblée générale d’Actelion, le 5 mai prochain à Bâle, promet d’être mouvementée. Dans le bras de fer qui l’oppose au fonds activiste Elliott Advisors, l’un de ses premiers actionnaires avec près de 6% du capital, la biotech suisse fourbit ses armes. Actelion vient en effet de gagner un nouvel allié, le fonds suisse BB Biotech, qui détient près de 5% du capital. Avec lui, Actelion s’assure le soutien de près de 15% de ses actionnaires, relève le Financial Times.
Si BB Biotech émet des réserves sur la politique d’Actelion, constatant que la R&D n’a pas toujours porté de fruits – Actelion avait décroché en bourse au printemps 2010 après l’échec du Tracleer dans le traitement de la fibrose pulmonaire idiopathique – «nous n’avons jamais douté de la compétence des scientifiques d’Actelion, de l’engagement de leur direction ou de la véracité de leur conseil d’administration», a précisé hier le fonds d’investissement. BB Biotech a l’intention de «soutenir les propositions faites par Actelion » et votera la nomination de deux nouveaux administrateurs, Jean-Pierre Garnier, ancien patron de GlaxoSmithKline et des laboratoires Pierre Fabre, qui devrait succéder à l’actuel président d’Actelion l’année prochaine, et Robert Bertolini, ancien directeur financier de Schering-Plough.
Début février, Elliott avait ouvert les hostilités en demandant à Actelion la démission immédiate du conseil de Jean-Paul Clozel, directeur général et co-fondateur de la biotech suisse – estimant qu’il ne peut occuper une fonction exécutive et siéger au conseil – et de Robert Cawthorn, président du conseil. Pour Elliott, «la vente de la société à un investisseur stratégique au prix adéquat pourrait débloquer une valeur appréciable». Le fonds évoquait un prix de vente autour de 70 francs suisses par action, contre environ 50 francs actuellement. Elliott demande aussi la nomination de six administrateurs.
Alors qu’Actelion fustigeait ce projet de vente, les candidats administrateurs proposés par Elliott niaient avoir pour objectif principal de céder la société. D’ailleurs, «nous n’avons reçu aucune offre» a confié Robert Cawthorn au Sonntagszeitung, jugeant lui aussi le groupe sous-valorisé. La biotech pourrait apporter de nouveaux détails aujourd’hui lors de la publication de ses résultats du premier trimestre.
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