WestLB se résout à devenir un satellite des caisses d'épargne allemandes
WestLB baisse le rideau. Ses actionnaires, les caisses d’épargne allemandes et le Land de Rhénanie-du-Nord Westphalie, ont trouvé un accord avec les autorités pour présenter un plan de restructuration qui ait des chances d’être validé par la Commission européenne. La banque allemande disparaîtra de fait de la scène internationale.
Ses activités de collecte et de prêts aux PME seront transférées d’ici au 30 juin 2012 à une nouvelle banque, la Verbundbank. Cette dernière n’emploiera que 400 salariés, contre près de 4.500 aujourd’hui. Son total de bilan oscillera entre 40 et 45 milliards d’euros, moins d’un quart des 191,5 milliards d’euros d’actifs de WestLB à fin 2010, pour un encours pondéré du risque de 8,3 milliards seulement. L’établissement sera contrôlé en totalité par les caisses d’épargne.
Le reste des actifs de WestLB sera vendu ou, à défaut, transféré le 30 juin 2012 à la structure de défaisance publique, l’Erste Abwicklungsanstalt (EAA), créée en avril 2010. Celle-ci a déjà repris environ 77 milliards d’euros d’actifs – en valeur nominale à fin 2009 – et 26 milliards de passifs pour soulager la banque, qui a explosé en vol durant la crise financière. La filiale de financement immobilier, Westimmo, fait partie des actifs à céder. Le fonds de capital investissement Apollo aurait proposé 400 millions d’euros et pourrait signer la transaction en juillet, selon Bloomberg.
La structure WestLB, seulement détenue par le Land, continuera à exister sous la forme d’une société de gestion au service de la Verbundbank et de l’EAA. Les charges de restructuration seront couvertes par les plus-values de cession d’actifs et par une injection de fonds d’un milliard d’euros de la Rhénanie-du-Nord Westphalie.
Reste à régler le sort des créanciers de la banque. L’ensemble des parties s’est engagé «à garantir la liquidité de WestLB durant la phase de transformation», mais le statut des porteurs obligataires n’est pas explicitement défini. Les détenteurs de titre hybrides sont déjà touchés par les restrictions de paiement de coupons que Bruxelles a imposées. «Bien qu’il soit possible qu’une partie de la dette soit transférée avec des actifs vendus, la dette restante – au niveau de WestLB, d’EAA ou de la Verbundbank – devrait être protégée, estime CreditSights. Notre sentiment, à ce stade, est que la dette senior et subordonnée continuera à être honorée».
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