Une coalition canadienne entre en scène pour défendre l’opérateur boursier TMX face au LSE
Comme anticipé (lire l’Agefi du 10 mai), «la fusion entre égaux» prévue entre l’opérateur boursier TMX et son homologue London Stock Exchange (LSE) soulève un vent de patriotisme au Canada. Un groupe d'établissements bancaires et de caisses de retraite, qui ont retenu pour nom de code «Maple Group Acquisition» (maple pour érable, emblème du Canada), ont décidé de monter au créneau pour défendre l'étendard canadien.
Cette coalition, qui a confirmé ses intentions hier soir, regroupe Toronto-Dominion Bank, Bank of Nova Scotia, Canadian Imperial Bank of Commerce (CIBC), National Bank of Canada, Alberta Investment Management, ainsi que le Canada Pension Plan Investment Board (CPPIB), la Caisse de dépôt et placement du Quebec, l’Ontario Teachers’ Pension Plan et le Fonds de solidarité FTQ.
La fine fleur de la finance canadienne a soumis au conseil d’administration de TMX une offre de 3,58 milliards de dollars canadiens (2,6 milliards d’euros), ou 48 dollars par action. Une proposition largement au dessus du cours actuel de TMX, qui a clôturé vendredi à 41,75 dollars, et supérieure de 24% à l’offre du LSE. Cette offre de Maple comporte une part majoritaire (70%) en numéraire, le reste provenant de titres d’une future entité regroupant les actifs de TMX, ceux de la chambre de compensation CDS et ceux d’Alpha Group, une plate-forme concurrente détenue par les plus grandes banques du pays. Ce dernier point pourrait se révéler épineux sur le plan de la réglementation antitrust.
«Après finalisation de la transaction, les actionnaires actuels de TMX détiendront 40% des actions de Maple, les investisseurs dans les fonds de pension environ 35% et les banques environ 25%», a précisé Maple dans un communiqué. «Aucun actionnaire de Maple ne détiendrait plus 10% du total des actions en circulation, en conformité avec le cadre réglementaire existant», a ajouté le consortium, qui est conseillé par CIBC World Markets, National Bank Financial Markets, Scotia Capital et TD Securities. De son côté, le LSE a réaffirmé la supériorité d’un schéma de fusion transatlantique. TMX a assuré qu’il examinerait cette nouvelle approche mais qu’il poursuivrait le chantier menant à une fusion avec le LSE, notamment via l’obtention du feu vert des autorités fédérales et provinciales canadiennes.
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