UBS renouvelle sa direction pour préparer l’avenir
Montrer au plus vite qu’il y a un capitaine à la tête du navire. Nommé directeur général par intérim d’UBS le 24 septembre dans la foulée du départ précipité d’Oswald Grübel, Sergio Ermotti a été confirmé mardi à ce poste. La banque helvétique a également avancé la succession du président de son conseil d’administration, Kaspar Villiger. Censé quitter ses fonctions en 2013, il sera remplacé dès la prochaine assemblée générale, le 3 mai 2012, par Axel Weber, l’ancien président de la Bundesbank.
Ces annonces interviennent deux jours avant une rencontre très attendue avec les investisseurs où seront détaillées les nouvelles orientations stratégiques de l'établissement zurichois. Cela conférera à Sergio Ermotti une plus grande légitimité face à ses interlocuteurs, demain, à New York.
Un avant-goût de ces inflexions a déjà été esquissé hier, le nouveau directeur général évoquant dans un communiqué une stratégie basée sur les atouts de la banque: «nos activités de gestion de fortune, leader sur le marché, et notre position de principale banque universelle de Suisse». Il n’est toutefois pas question de renoncer à la banque d’investissement, même si celle-ci sera «plus ciblée, moins complexe et moins gourmande en capital». Le Tessinois de 51 ans juge essentiel le maintien de l’activité afin de «répondre aux exigences de ses clients souverains, institutionnels ou d’entreprises».
La banque d’affaires a causé bien des tourments à UBS ces trois dernières années. C’est elle qui faillit la couler en 2008 en raison de sa surexposition aux titres toxiques du marché immobilier américain. Cette année, elle enregistre à nouveau d’importantes pertes, notamment suite à la fraude présumée d’un de ses traders londoniens. Ce scandale, qui aurait coûté 2,3 milliards de dollars à la banque, a provoqué la démission d’Oswald Grübel, sous la pression du fonds souverain de Singapour. Arrivé en sauveur à la tête d’UBS alors qu’il vivait une paisible retraite, celui qui fut aussi l’ancien directeur général de Credit Suisse l’a quittée sous les huées.
Nouveau venu chez UBS, Sergio Ermotti a passé dix-huit ans chez Merrill Lynch avant de rejoindre, en 2005, la banque italienne UniCredit, dont il devient le numéro deux. Demain, il aura la lourde tâche de rassurer les investisseurs. Il pourrait présenter une nouvelle restructuration, après les 3.500 suppressions de postes annoncées en août.
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