Trilantic renforce ses moyens pour investir au mieux
Deux ans après la reprise des fonds Lehman Brothers PE par ses cadres, Trilantic doit encore investir 600 millions de dollars et s’en donne les moyens. Pour rappel, les cinq associés-gérants (dont Vittorio Pignatti Morano, Javier Banon et Joe Cohen pour l’Europe) avaient racheté 51% de l’activité à la banque alors en liquidation, aux côtés de Reinet, financière luxembourgeoise contrôlée par Johann Rupert (groupe Richemont). La nouvelle société de gestion, composée de 35 professionnels dont 15 en Europe, héritait ainsi de près de 3,8 milliards de dollars entre les fonds III (1,2 milliard) et IV (2,6), dont 1,2 milliard encore non investis au titre de ce dernier fonds levé en 2007 et segmenté en deux poches (globale et Europe).
En 2010, Trilantic a réalisé sept cessions (dont les conserves Petit Navire / MW Brands, les turbines d’avions ITP et les eaux minérales Spumador), remontant ainsi 1,5 milliard de dollars à ses investisseurs, «ravis des retours sur le fonds III complètement remboursé alors qu’il détient encore six participations», explique Joe Cohen. Et l’équipe a réalisé sept acquisitions, après deux ans d’arrêt, dont les loteries Gamenet en Italie, les manuels éducatifs LeYa au Portugal et Brésil, et le courtier Marex spécialisé en matières premières en Angleterre. Toujours avec la même stratégie: des tickets de 50 à 150 millions d’euros sur du mid-market en majoritaire ou en «minoritaire actif», un levier modéré (2 à 2,5 fois l’Ebitda pour l’ensemble du portefeuille), et une approche sectorielle basée sur l’accompagnement de la croissance organique ou externe, notamment sur de nouveaux marchés, comme pour Marex à Hong Kong et New York.
Avec cette stratégie qui couvre les biens de consommation, l’énergie, les transports, les services financiers, aux entreprises et à la santé, Trilantic vient de recruter Michel Léonard, ancien président de Lactalis (2003-2009) et de Bongrain (1985-2003). L’équipe a connu ce sixième «operating partner» comme administrateur de MW Brands, et compte sur lui pour participer à la consolidation du secteur agroalimentaire, probable avec la hausse du prix des matières premières. «Comme souvent en approche partenariale auprès de groupes familiaux», insiste Joe Cohen, rappelant que l’essentiel des opérations sont de «source propriétaire», sans enchère même lorsqu’elles proviennent de banques comme Nomura, Barclays Capital ou Evercore, avec lesquelles l’équipe a conservé un accord.
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