Touché par sa banque d’investissement, Credit Suisse licencie
La branche investissement ne semble pas réussir aux deux plus grandes banques helvétiques. A la suite des résultats trimestriels décevants – et de la restructuration décidée cet été - d’UBS, Credit Suisse établit le même diagnostic et propose les mêmes remèdes. La deuxième banque suisse a dévoilé mardi au titre du troisième trimestre un bénéfice de 562 millions d’euros, en hausse de 12% par rapport à la même période de l’an dernier. Un niveau nettement inférieur aux prévisions des analystes qui tablaient sur plus de 800 millions d’euros. Sur neuf mois, le bénéfice net se monte à 1,85 milliard de francs, une chute de 39%.
En conséquence, la banque entend biffer 3% de ses effectifs, soit 1.500 postes, entre 2012 et 2013. Elle espère réduire ainsi ses coûts de 600 millions d’euros, auxquels il faut ajouter 1,64 milliard d’euros d'économies dans le cadre d’un premier plan de restructuration prévoyant la suppression de 2.000 postes de travail.
D’un point du vue comptable, la mauvaise performance de Credit Suisse s’explique surtout par deux éléments exceptionnels, la constitution d’une provision de 330 millions d’euros pour solder ses différends fiscaux avec l’Allemagne et les États-Unis. Mais comme chez UBS, c’est vers sa banque d’investissement que les regards se tournent: elle essuie sa première perte depuis 2008, à 156 millions d’euros. Et c’est cette division qui fera les frais de ces mesures d'économies.
L'établissement zurichois veut accélérer son repositionnement et réduire de moitié d’ici à 214 ses actifs pondérés en fonction des risques. Cela devrait avoir pour effet d’augmenter de 600 millions d’euros – hors croissance induite par le marché – la contribution de la gestion de fortune au bénéfice du groupe. La division Private Banking est d’ailleurs celle qui crée le plus de croissance. Non seulement elle enregistre un bénéfice de 150 millions d’euros, mais elle draine un afflux net de capitaux de 5,9 milliards d’euros. Cependant, ce résultat est là aussi inférieur aux attentes des analystes.
La banque helvétique annonce enfin un redéploiement de ses activités vers les marchés émergents, à croissance rapide, c’est-à-dire au Brésil, en Asie du Sud-Est, en Chine et en Russie. L’ensemble de ces mesures n’a pas suffi à contenir la baisse du cours de l’action Credit Suisse, sanctionnée de plus de 9% à la clôture de la bourse helvétique.
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