Nyse Euronext juge destructeur de valeur le projet Nasdaq ICE
Nyse Euronext s’est expliqué hier sur le rejet, dimanche, de l’offre de rachat du tandem Nasdaq OMX/ICE. Qualifiant cette dernière de «réaction tardive et hâtive» et d’«action de démantèlement forcé» des activités actions et dérivés de l’opérateur transatlantique, son directeur général adjoint, Dominique Cerutti, lundi, lors d’une conférence téléphonique, a reproché à l’offre rivale de jouer sur le seul terrain des économies d’échelle. A ses yeux, cela reviendrait à un «achat brutal et au démembrement d’un modèle qui marche mieux que le leur».
A contrario, pour le dirigeant, l’accord avec Deutsche Börse permettra par exemple d’«utiliser les mêmes outils et les mêmes technologies sur un riche portefeuille d’activités diversifiées» et ainsi de «cumuler les économies d’échelle et de champ». Dans le contexte actuel de fragmentation des marchés et de coûts technologiques élevés, Nyse Euronext veut ainsi garder le cap de sa stratégie visant à répondre à une demande accrue des clients pour les stratégies multiproduits et multizones, et à leur offrir un point de connexion unique aux marchés. Dominique Cerutti a jugé le projet avec Deutsche Börse comme étant le meilleur en termes de valeur créée à moyen long terme, rappelant que «depuis 2009, le groupe a retourné aux actionnaires 446 millions d’euros en dividendes».
Le rejet de la contre-offre est aussi justifié par un risque d’exécution élevé sur le financement de la part en cash de l’opération et les synergies agressives envisagées par Nasdaq ICE (ndlr: 740 millions de dollars). Concernant les activités de cotations, Dominique Cerutti ajoute que «les conseillers jugent le risque antitrust très élevé» et que «des concessions et ventes d’activités à faire dans ce domaine de la part de Nasdaq OMX se traduiraient par des destructions de valeur massives.»
Hier Nasdaq OMX et ICE ont critiqué Nyse Euronext pour avoir choisi de priver ses actionnaires de la possibilité de bénéficier d’une offre supérieure sans avoir engagé de dialogue ni de discussion. D’ailleurs, selon Reuters, les enchérisseurs demandent aux actionnaires de faire pression sur le conseil de Nyse Euronext pour engager des discussions. La société de la Rue Cambon, dont l’AG est fixée au 7 juillet, a bon espoir que ses actionnaires suivent sa recommandation alors que Deutsche Börse, selon les rumeurs, ne prévoit toujours pas de relever son offre.
Plus d'articles du même thème
-
KNDS reporte son introduction en Bourse
Le fabricant d’armes franco-allemand met en pause son projet de cotation à Paris et Francfort en raison des conditions de marché. -
Les banquiers centraux ne veulent plus donner d’indications prospectives
Le principal panel du Forum de Sintra 2026 a tout de même été l’occasion pour Christine Lagarde (BCE) comme pour Kevin Warsh (Fed) de reconnaître un recul des anticipations d’inflation depuis leurs dernières réunions monétaires. Sans pour autant faire bouger les anticipations de hausses de taux. -
Un consortium comprenant BlackRock, Visa et Mastercard lance un nouveau stablecoin
Plus de 140 sociétés se sont réunies au sein d'Open Standard, un groupe avec une gouvernance collaborative ayant pour objectif de distribuer un stablecoin en dollar.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Scor indemnisera Covéa à hauteur de 488,3 millions de dollars dans le cadre d'une procédure d'arbitrage
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- Schneider Electric, Saint-Gobain, L'Oréal : trois modèles d'ambitions du CAC 40 en Inde
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreFrance-Allemagne : retraites, réforme et révolution
La différence avec la France vient surtout de l’existence d’une éthique de la discussion très ancrée, au niveau politique et parlementaire, comme au niveau des partenaires sociaux et des entreprises -
EtalonnageConsensus politique et transition longue : la recette du passage à la retraite à 67 ans en Allemagne
Berlin a acheté la paix en mettant en place un départ anticipé pour carrière longue, dispositif coûteux aujourd'hui remis en cause. -
Vérité d'un côté du Rhin ne l’est pas au-delà
Retraites : le grand fossé franco-allemand
Le chancelier allemand Friedrich Merz dit vouloir appliquer l'intégralité des recommandations de la commission d'experts qu'il a mandatée. Une réforme ambitieuse qui contraste avec le blocage français