Nicolas Sarkozy prône un accompagnement de l’internationalisation du yuan

Le Président français a plaidé en Chine pour un accord sur l’élargissement aux grandes devises émergentes des droits de tirage spéciaux du FMI
la rédaction

Nicolas Sarkozy a souhaité cette nuit la signature d’un accord portant sur un calendrier pour l'élargissement au yuan et aux autres grandes devises émergentes du panier des monnaies sur lesquelles reposent les droits de tirage spéciaux (DTS) du Fonds monétaire international, au risque de brusquer la Chine. Les quatre principales devises de réserve mondiales - dollar, euro, yen et livre sterling - servent aujourd’hui de base pour le calcul de la valeur des DTS.

La France a fait de la mise en place d’un nouveau système monétaire international plus stable une priorité de sa présidence du G20 et Nicolas Sarkozy avait indiqué mercredi à son arrivée en Chine, la deuxième économie mondiale, qu’il comptait sur elle pour faire avancer ces dossiers.

Le Président français, qui ouvrait les travaux d’un séminaire de réflexion sur la réforme du système monétaire international, a insisté sur la nécessité d’ «accompagner l’internationalisation inéluctable» de ces devises, estimant qu’elle était déjà une réalité dans le cas du yuan.

«N’est-il pas temps aujourd’hui de s’accorder sur le calendrier de l'élargissement du panier du DTS à de nouvelles monnaies émergentes, comme le yuan», a-t-il dit devant une assemblée composée notamment de ministres des Finances et gouverneurs de banques centrales du G20.

Pour les mêmes raisons, il a estimé qu’il fallait réfléchir à une nouvelle enceinte de concertation internationale sur les changes «davantage représentative» que le G7, qui réunit les six principales économies occidentales plus le Japon. Nicolas Sarkozy s’est néanmoins félicité de l’intervention concertée récente de ces pays pour enrayer la hausse du yen. Si elles sont à ses yeux un instrument de dernier recours, de telles interventions «constituent un moyen de sauvegarde indispensable du système monétaire international contre les déviations et la volatilité excessive» des marchés des changes.

Paris estime que le fait que la Chine, qui possède les plus grandes réserves de change au monde et qui est souvent accusée de maintenir sa monnaie artificiellement sous-évaluée, accueille le séminaire de Nankin est déjà un succès. Mais après avoir accepté le principe de la tenue de ce séminaire à l’occasion d’une visite d’Etat du président Hu Jintao début novembre en France, Pékin a pris ses distances avec la manifestation, faisant valoir que la France était seule responsable de son organisation.

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