Natixis AM affine son approche sur les dettes d’infrastructures
Début septembre, Natixis AM lançait officiellement sa nouvelle expertise «actifs réels», avec une structure se focalisant «sur trois segments» : dettes immobilières, financements aéronautiques, dettes d’infrastructures, et un objectif de 3 milliards d’euros d’encours d’ici à 2018. L’équipe de six professionnels, placée sous la direction de Laurent Belouze, spécialiste des infrastructures et financements de projets, gérait déjà activement deux fonds de dettes immobilières (avec AEW Europe) quand elle s’est renforcée en février avec l’arrivée de Aymeric Angotti, expert en financements aéronautiques, et de Céline Tercier, experte en dettes d’infrastructures, tous deux en provenance de Natixis.
«Nous sommes en pleine consultation des investisseurs pour savoir si nous lèverons 1 ou 2 fonds multi-investisseurs (plus des mandats) sur les dettes infras. L’idée est de promouvoir cette classe d’actifs auprès de plus petits institutionnels, afin que les grands assureurs ne soient pas les seuls à y avoir accès», explique Céline Tercier. Le projet initial tablait sur un fonds de dettes d’infrastructures et un fonds de dettes aéronautiques, pour un objectif de 1 milliard en tout.
Une structure de frais différente
L’équipe n’aura pas un champ d’investissement uniquement européen, «plus OCDE, car nous avons accès à des opportunités en Amérique, en Asie et au Moyen-Orient», poursuit la gérante, qui insiste sur une capacité d’origination auprès de toutes les banques, bien au-delà de Natixis. Si jamais elle s’orientait sur plusieurs fonds, cela pourrait être en fonction des stratégies possibles : sur les PPP européens, pour des investisseurs aux passifs très longs et cherchant à capter la prime d’illiquidité d’actifs peu risqués ; sur les énergies renouvelables, dans une logique plus sectorielle et ESG à moins long terme ; sur les acquisitions «brownfield», dans une approche à plus court terme, avec la particularité d’un tirage de la dette unique.
Enfin, au-delà des commissions de structuration que l’équipe percevra, elle réfléchit, au vu de spreads réduits ces derniers temps, à un modèle de frais de gestion variables et proportionnels aux rendements : «L’analyse préalable des risques sur un PPP reste moins compliquée que sur un nouveau projet d’éoliennes ou avec risque de trafic.» Même si certains investisseurs craignent que cela puisse trop l’orienter ou la contraindre a posteriori.
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