Nasdaq OMX minimise le défi antitrust dans son offre sur Nyse Euronext

Le groupe fera valoir ces prochains jours auprès des autorités américaines le caractère mondial du marché des IPO et l’absence de barrière à l’entrée
Tân Le Quang

Le volet antitrust est l’un des plus importants de la contre-offre de Nasdaq OMX sur Nyse Euronext, qui projette de fusionner avec Deutsche Börse. Pas sur le cash actions en Europe, où les deux groupes ont traité en mars 19,3% des transactions sur actions européennes, selon Thomson Reuters, mais surtout aux Etats-Unis. «Notre part de marché combinée est légèrement inférieure à 50% pour les marchés cash actions et options aux Etats-Unis. Ce qui ne devrait pas poser de problème antitrust auprès des régulateurs», affirme Bob Greifeld, lors de l’entretien accordé à L’Agefi le 7 avril.

Mais pour la cotation des entreprises sur les marchés réglementés, l’ensemble Nasdaq Nyse Euronext aurait 100% du marché américain. La semaine passée, des sources proches de Nyse Euronext avaient jugé «insurmontables les problèmes de concurrence» que causerait aux Etats-Unis un rapprochement entre les deux groupes.

Pour convaincre les autorités américaines, qu’il doit rencontrer dans les prochains jours à ce sujet, Nasdaq OMX fait valoir plusieurs arguments. Premier d’entre eux: le marché de la cotation est mondial et non local, de grosses sociétés comme Prada allant aujourd’hui se faire coter à Hong Kong. Mais l’argument est moins vrai pour les petites sociétés américaines n’ayant pas de marque mondiale.

«L’activité des IPO sur les bourses américaines a perdu beaucoup de terrain suite à l’intensification de la compétition des bourses internationales en la matière», ajoute Bob Greifeld. D’après Nasdaq OMX, de 1995 à 2000, le nombre de cotations sur les bourses américaines a chuté, passant de 8.000 à 5.000, et celles sur les bourses non américaines ont bondi, de 23.000 à 40.000. Seulement 9 des 100 plus importantes IPO depuis 2006 ont eu lieu aux Etats-Unis.

Le dirigeant tente aussi de rassurer sur l’accès à cette activité. «Il n’y a pas de barrière à l’entrée sur le marché local. Le lancement aux Etats-Unis par le MTF Bats d’une activité de cotation en est bien la preuve. De plus, les règles et surtout la fixation des frais de cotation sur cette activité sont strictes et sous le contrôle étroit des régulateurs»,souligne Bob Greifeld. Bats prévoit de lancer son activité au dernier trimestre 2011.

Dans l’hypothèse de blocage antitrust, Nasdaq OMX pourrait devoir céder des activités à condition que de tels désinvestissements n’affectent pas de manière significative son modèle économique et sa rentabilité.

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