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L’or peut-il atteindre de nouveaux sommets ?
Depuis fin 2021, les prix de l’or exprimés en dollars ont présenté un parcours en montages russes. Ils ont évolué au gré des tensions géopolitiques et des changements macroéconomiques. Ils ont connu un premier pic à plus de 2.000 dollars l’once en mars 2022 avec l’invasion de l’Ukraine puis un creux en novembre en deçà de 1.630 dollars après une remontée spectaculaire des taux américains et face à la détermination affichée par la Réserve Fédérale à lutter sans merci contre l’inflation. Cette correction fut effacée dans les mois suivants grâce à un probable soutien de la demande physique, mais aussi à cause de l’affaiblissement du dollar en lien avec des inquiétudes grandissantes quant à la croissance américaine future.
Depuis mars dernier et encore plus ces derniers jours, les cours du métal jaune affichent de nouveaux pics avec la crise des banques régionales outre-Atlantique. S’ajoutent à cela les incertitudes actuelles concernant le plafond de la dette américaine : cette dernière allant toujours croissant, son plafond doit être régulièrement relevé par le Congrès. Ce relèvement nécessite souvent d’intenses tractations entre Républicains et Démocrates. Jusqu’ici, le défaut a toujours été évité au prix parfois de mesures temporaires extraordinaires telles que des cessions d’actifs, des réductions des dépenses et des activités des agences fédérales (shutdowns). Le Trésor recourt déjà à certaines de ces mesures depuis janvier et pourrait avoir épuisé toutes ses ressources cet été, voire début juin. Le défaut peut encore être évité, mais avec un Congrès très divisé et des partis politiques en proie à des clivages profonds, rien ne peut être totalement exclu.
Une progression fragilisée
Les cours de l’or bénéficient donc de puissants soutiens depuis quelques mois. Si les crises actuelles se poursuivent, voire s’intensifient, le métal précieux pourrait encore progresser, mais les scénarios les plus extrêmes restent encore assez peu probables. Une poursuite de la baisse du dollar est le plus envisageable, mais si cela ne se produisait pas, ou pas de manière assez significative, et si l’apaisement revenait par ailleurs, alors une nouvelle phase de correction pourrait menacer les prix du métal jaune. En effet, nombre de participants aux marchés de l’or semblent avoir du mal à suivre la progression récente, notamment certains opérateurs chinois et physiques. La prime à Shanghai se rapprochait de zéro fin avril. La progression des positions longues des opérateurs financiers au Comex (marché à terme de New York) et le redressement des stocks à ce même Comex après un long déclin sont des indications d’un intérêt plus marqué de la part des opérateurs financiers que de celle des opérateurs physiques. Or ces opérateurs financiers peuvent agir vite et fort et changer rapidement leur fusil d’épaule au gré des anticipations. Un courant vendeur de leur part pourrait – à court terme – au moins ralentir l’ascension des cours du métal jaune.
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