L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) est parvenue à se mettre d’accord vendredi sur une augmentation de la production, sans pour autant revenir sur l’accord de plafonnement conclu en novembre 2016. Avec cet accord largement flou, ne contenant aucun détail sur les quotas individuels, le cartel a pu assurer faire le nécessaire pour répondre à la demande mondiale et préserver l’unité du groupe, alors que l’Iran s’opposait formellement à toute augmentation de la production. «Bien que l’Opep réagisse au resserrement des fondamentaux du marché pétrolier, sa réponse n’est pas encore suffisante pour faire baisser les prix», observe Dan Smith, directeur de la recherche sur les matières premières à Oxford Economics. Le baril de Brent s’affichait en hausse de 2,46% après la réunion, à 74,85 dollars, alors que le baril de brut léger américain (WTI) gagnait 4,43% à 68,40 dollars.
Concrètement, l’Opep se propose d’adhérer strictement à l’accord de réduction de la production, ce qui pourrait se traduire par une hausse de la production d’environ 1 million de barils par jour à partir du 1er juillet. En effet, les pays associés à l’accord ont davantage réduit leur production que prévu, avec un niveau de conformité de 152% en mai, aidés notamment par l’effondrement de l’industrie pétrolière vénézuélienne. Mais compte tenu de l’impossibilité de certains pays de relever leur production, l’augmentation de la production devrait être limitée à environ 600.000 barils par jour, estiment les analystes.
«L’augmentation effective de la production peut facilement être absorbée par le marché», souligne Harry Tchilinguirian, en charge de la stratégie matières premières chez BNP Paribas, qui s’attend à voir les prix continuer à augmenter. «Bien que la production mondiale a augmenté récemment, les mois prochains verront probablement une nouvelle chute du fait des sanctions iraniennes», prévient également Dan Smith. «Par ailleurs, la croissance de la production américaine risque de marquer le pas à cause de goulots logistiques sévères», ajoute-t-il.
Avec cet accord a minima, l’Opep risque ainsi de se retrouver dans la même position dans quelques mois. Avant le début de la réunion vendredi, le ministre saoudien de l’Energie, Khalid al-Falih, avait déclaré que toute augmentation de la production serait graduelle et que le cartel se réunirait à nouveau à l’automne avec les pays associés à l’accord pour évaluer l’état du marché.
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