L'inflation de base a progressé de 3,9% en décembre aux Etats-Unis
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Le taux d’inflation annuel (CPI) a augmenté à 3,4% en décembre aux Etats-Unis, après un creux de cinq mois de 3,1% en novembre, selon le rapport publié jeudi par le département du Travail (US Bureau of Labor Statistics, BLS). C’est plus que prévu par les marchés, qui attendaient plutôt 3,2%.
En rythme mensuel, les prix à la consommation ont augmenté de 0,3%, soit la plus forte hausse en trois mois, également au-dessus des prévisions de 0,2%.
Dans le même temps, l’inflation sous-jacente (CPI Core, hors énergie et alimentation) est revenue à 3,9% en rythme annuel en décembre, après 4% en novembre mais, là aussi au-dessus des attentes, fixée à 3,8%. Mais elle a progressé de 0,3% en rythme mensuel, comme en novembre.
Le poste logement (shelter), qui pèse plus de 35% de l’indice CPI et 45% de l’indice CPI Core, a représenté à lui seul plus de la moitié de la hausse sur le mois en progressant encore de 0,5% (+6,2% en annuel). Depuis cet été, la baisse de l’inflation américaine est limitée par la persistance des loyers. «Certains ont cru que ce poste chuterait plus vite en regardant les ‘proxi’ Zillow ou ApartmentListqui ont baissé toute l’année, mais le BLS n’intègre l’évolution des loyers de chaque ville que tous les six mois, soit 1/6 du parc chaque mois», rappelle Raphaël Gallardo, chef économiste de Carmignac. «Le rattrapage avait été un problème à la hausse jusqu’en 2022, et la baisse sera assez progressive en 2024», ajoute l’expert, rappelant particulièrement le caractère déficitaire du marché immobilier américain.
Ce rapport sur l’inflation est donc mauvais, «mais les chiffres les plus en hausse ne sont pas forcément très inquiétants, poursuit Raphaël Gallardo. On note quand même que les postes à plus de 4,5% d’inflation annuelle sont repassés de 53% à 58% sur le mois.» Les prix des voitures d’occasion sont par exemple remontés après des mois de baisse (+0,5% en mensuel ; -1,3% en annuel), à rebours des autres indicateurs pour des raisons méthodologiques. Idem pour d’autres biens de consommation comme les vêtements (+0,1% en mensuel ; +1% en annuel). Ainsi que les billets d’avion (+1% en mensuel ; -9,4% en annuel), mais sur la base de prix très volatils. «Les prix de services hors loyers repassent à +0,4% en rythme mensuel, et c’est assez cohérent avec la résistance du marché de l’emploi», estime le chef économiste de Carmignac.
Baisses des taux plus tardives ?
La mesure d’inflation la plus suivie par la Réserve fédérale (Fed) reste l’indice des prix des dépenses de consommation personnelle (PCE). Celui-ci a affiché une première baisse mensuelle depuis février 2022 pour novembre (-0,1%), et une quasi-stagnation (0,1%) pour la partie sous-jacente, où la composante logement est beaucoup moins importante. «Ce déflateur du PCE de base est tombé au-dessous de 0,17% sur un mois au cours de cinq des six derniers mois, ce qui est la bonne tendance en variation mensuelle pour arriver à l’objectif de 2% sur un an, rappelle James Knightley, chef économiste chez ING. (…) L’enquête NFIB auprès des petites entreprises a aussi montré que seules 25% d’entre elles augmentent leurs prix à l’heure actuelle, contre 50% au quatrième trimestre 2022. Même si le rapport CPI d’aujourd’hui n’était pas bon, il reste des raisons d’être optimiste quant à la baisse durable des taux d’inflation en 2024.»
En attendant l’estimation PCE pour décembre, le 26 janvier, les chiffres du CPI pourraient aider à repousser la première baisse de taux de la Fed au-delà du 20 mars. Sur les marchés à terme (FedWatch Tool), la probabilité d’une baisse lors de cette réunion est passée de 68% à 63% jeudi juste après la publication, avant de revenir à 67% dans la soirée. «La tendance à la désinflation est en cours, et l’inflation de base s’avère plus difficile à maîtriser que prévu, mais cela ne devrait en aucun cas modifier la feuille de route de la Fed, estime Christophe Boucher, directeur des investissements d’ABN Amro Investment Solutions. Contrairement à l’opinion du marché, qui prévoit une baisse des taux en mars, une telle action n’interviendra probablement que plus tard.»
Les anticipations d’inflation à long terme des ménages japonais ont atteint un plus haut depuis 2006. Mais on sait que ces anticipations montent le plus souvent avec le constat de la hausse des prix au quotidien, notamment des prix de l’énergie et de l’alimentation. Le débat reste ouvert sur l’évolution des prix au Japon à long terme.
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