L’inflation américaine poursuit sa décrue
La Fed peut être soulagée. Les chiffres de l’inflation américaine, publiés mardi en milieu de journée, se sont inscrits dans la droite ligne des anticipations de marché.
L’inflation globale a progressé de 6% sur un an en février, contre 6,4% le mois précédent. Il s’agit du huitième mois consécutif de baisse. L’inflation cœur, qui exclut les éléments volatils comme l'énergie et l’alimentation, a crû de 5,5% sur un an en février, contre 5,6% en janvier, son cinquième mois de baisse. La composante logement est néanmoins ressortie plus forte qu’attendu, une surprise interprétée comme un signe que les pressions inflationnistes sous-jacentes sont plus fortes que prévu.
Dans le détail, toutefois, l’inflation des services a tiré à la hausse l’inflation sous-jacente et compensé la baisse de l’inflation sur les biens. Le coût des services hors énergie a progressé de 0,6% en février sur un mois, or, cette composante est plus durable.
«Le mouvement de désinflation se poursuit mais dans les services l’inflation reste résiliente, suffisamment forte pour que la banque centrale considère qu’elle n’a pas gagné cette bataille», écrit Christian Parisot, analyste chez Aurel BGC. Les enquêtes sur les perspectives des entreprises, publiées mardi, sont plus encourageantes : selon la National Federation of Independent Businesses, la proportion d’entreprises envisageant d’augmenter leurs prix au cours des trois prochains mois est retombée de 29% à 25%, laissant présager une inflation inférieure à 3% d’ici la fin de l’année, selon des modèles d’ING.
Dans le sillage des incertitudes sur la stabilité financière et l’évolution de l’inflation, dont les chiffres de janvier ont surpris à la hausse, les marchés financiers se sont montrés volatils mercredi, sans donner de direction claire. Le rendement des obligations souveraines américaines (Treasuries) à 10 ans sont repartis à la hausse, à 3,65% en fin de journée mardi. L’euro s’est raffermi face au billet vert, gagnant 0,07% à 1,073 dollar, tandis que l’indice DXY, qui compare la monnaie américaine à un panier de devises, stagnait. Les indices actions donnaient une indication plus claire, le S&P 500 gagnant 1,8% et le Nasdaq 2,2%.
A lire aussi : La chute de SVB force la main des banques centrales
Réunion de la Fed
«Les récents et spectaculaires mouvements sur les marchés de taux sont le signe que le marché ne trouve pas de direction claire, rappelait mardi matin Fabiana Fedeli, responsable gestion actions et allocation d’actifs chez M&G, lors d’une conférence à Paris. Il est très difficile, dans le contexte actuel, de savoir quel sera le prochain mouvement sur les taux.»
Les chiffres de mardi semblent cependant conforter les marchés dans leur analyse formulée la veille : la Fed préférera limiter le rythme et l’ampleur des hausses de taux, suite aux risques qu’elles font peser sur la stabilité financière, d’autant que l’inflation ne surprend plus à la hausse. La réunion de politique monétaire de mardi et mercredi prochains permettra de jauger du choix opéré par la banque centrale. Les marchés de taux tablent sur une hausse de taux de 20 points de base (pb), contre 14 pb hier et 31 pb attendus il y a une semaine.
«Les chiffres d’inflation plaident pour une hausse des taux de la Fed la semaine prochaine, mais cela dépendra de l’état de calme des marchés. Les risques liés à la stabilité financière l’emportent toujours sur les inquiétudes concernant l’inflation à court terme», souligne ING.
Reste que lutte contre l’inflation et maintien de la stabilité financière sont deux objectifs différents, avec chacun un outil propre : les taux et le bilan de la banque centrale. «La Fed peut soutenir la liquidité dans le système bancaire et resserrer la politique monétaire en même temps», relève Oxford Economics. «Il y a donc fort à parier qu’elle continuera à relever les taux d’intérêt, l’inflation continuant de dépasser largement l’objectif». Le taux terminal devrait être atteint en mai, selon les marchés, à 4,95%.
Plus d'articles du même thème
-
Les hedge funds ont recommencé à vendre l’euro à découvert
L’euro a touché lundi un plus bas depuis mai 2025, quand la région pouvait sembler affaiblie par les droits de douane imposés par le président Donald Trump. Entre les problèmes budgétaires de la France et la hausse des taux plus générale liée au pétrole, une équation plus compliquée se dessine pour la zone euro à court terme. -
La banque centrale indienne relève son taux pour la première fois depuis 2023
En relevant de 25 points de base son taux, la Reserve Bank of India entend répondre à l’inflation qui a dépassé son objectif de 4% pour le troisième mois consécutif. La croissance, elle, devrait être plus dynamique que prévu, dépassant les 7%. -
L’économie américaine est suspendue aux élections de mi-mandat
Alors que Donald Trump fait face à une impopularité record sur fond de pouvoir d’achat miné par l’inflation et la guerre en Iran, les élections de mi-mandat du 3 novembre menacent de faire basculer le Congrès.
ETF à la Une
Schroders crée le poste de responsable du développement ETF pour la France, la Belgique et le Luxembourg
- Worldline s'assure une place dans la course à l'agentique
- Schneider Electric rachète l'américain PTC pour 20 milliards d'euros
- La France a encore des raisons de croire en son économie
- La France ne peut pas encore miser sur une intervention de la BCE
- Schneider Electric indispose les investisseurs en ciblant l’américain PTC
Contenu de nos partenaires
-
EXCLUSIFBudget 2027 : le RN va la jouer solo et ne servira que ses seuls intérêts
Accusé l’an dernier de faire cause commune avec la gauche sur des hausses d’impôts, le parti de Marine Le Pen change de méthode et fait le choix tactique de verrouiller ses votes -
Dur à cuirBenjamin Netanyahu, un « animal politique » qui n'a pas dit son dernier mot
Les partisans du Premier ministre de l'Etat hébreu sont largement insensibles à ses défaillances au moment des attaques du 7 octobre 2023 -
« Moins de pétrole, c’est plus d’agricole ! »
Les biocarburants représentent déjà 10 % des énergies renouvelables consommées et autour de 8 % de nos carburants routiers