L’Etat place les banques au centre de la transition énergétique
Les banques reviennent au centre du jeu de l'énergie. Etant donné les ambitions du gouvernement sur la transition énergétique, son financement – à hauteur de 10 milliards d’euros – sera le nerf de la guerre. «La transition énergétique sera largement le fait du privé», a indiqué hier le ministre des Finances Michel Sapin à l’occasion de la conférence bancaire et financière organisée sur la question. Les banques s’associeront à 3 des 4 groupes de travail destinés à arrêter les aspects techniques des mesures.
Pour ranimer la distribution de l’Eco-PTZ (éco-prêt à taux zéro), des tiers certificateurs, qui vérifieront la qualité technique des travaux, seront créés. Une mesure dont se félicite la Fédération bancaire française (FBF). «Cette vérification reposait jusqu’à présent sur les banques, ce qui ne correspondait pas à leur métier, et a freiné le déploiement de l’Eco-PTZ», admet-elle. En outre, les banques et l’Etat travailleront à simplifier la procédure de distribution du produit. L’échéance des travaux est fixée à la semaine du 15 septembre.
Le secteur participera aussi à la mise en place des sociétés de «tiers financement», reconnues par la loi depuis le mois de mars, et aux modalités de partenariat. Le rôle de ces acteurs est d’agir en qualité d’intermédiaires en opérations bancaires, pour les projets de rénovation lourds portés par les collectivités locales. Date de remise de la copie: semaine du 21 juillet.
Le gouvernement veut également faciliter l’accès des PME et ETI aux obligations vertes, en mobilisant les investisseurs institutionnels (alors que ces titres sont surtout utilisés par les grands émetteurs), et grâce à un fonds de garantie de 350 millions. Ses modalités devront être définies autour du 15 septembre. Deux autres fonds de garantie doivent faciliter le financement des travaux des ménages par les banques et celui des PME par Bpifrance.
Le gouvernement a insisté pour que le groupe chargé de l’Eco-PTZ suive de près, «avec les banques», l’utilisation de la part des fonds d’épargne (livrets A et développement durable) qui ne sont pas centralisés à la Caisse des dépôts. Voir l’Etat s’immiscer dans la gestion de cette poche a toujours irrité le secteur bancaire. Dans son communiqué, la FBF «met en garde contre toute nouvelle contrainte administrative, par exemple sur l’utilisation des fonds de l’épargne réglementée».
Plus d'articles du même thème
-
L’ampleur du plan allemand peine à convaincre les économistes
Le paquet de 34 réformes annoncées jeudi 2 juillet va de la fiscalité au marché du travail en passant par la compétitivité, l’Etat social et la réduction de la bureaucratie. Promis depuis l’automne 2025, il est avant tout destiné à prouver aux Allemands que le gouvernement de Friedrich Merz peut agir et se mettre d’accord sans susciter de querelles internes. Certains aspects positifs pourraient cependant être contrebalancés par d’autres décisions à venir. -
Thales fait parler les synergies pour emporter Exail
Trois jours à peine après l'abandon des discussions entre Safran et Exail, Thales a signé un accord avec le groupe Gorgé en vue d'acquérir le spécialiste de la robotique. Pour les marchés, la logique industrielle semble mieux respectée. -
Le marché primaire high yield frôle l’indigestion
Deux émissions de CPI Property et d’HelloFresh ont été difficilement placées. Le marché est cher et laisse peu de place aux situations les plus limites, quel que soit le prix, surtout après une vague massive d’émissions au cours des deux derniers mois. Les investisseurs se veulent disciplinés et prudents.
ETF à la Une
Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
- La nouvelle hausse du Livret A coûtera plus de 800 millions d’euros aux banques
- La Corée, un tigre asiatique qui commence à vieillir
- CMA CGM se renforce dans la logistique du dernier kilomètre
- Le Crédit Agricole lancera une offre de trading crypto avant la fin de l'année
- Christine Lagarde pourrait quitter la BCE plus tôt que prévu à cause de la présidentielle française
Contenu de nos partenaires
-
Menace, pardon et unité : Jordan Bardella au défi du rassemblement
A la veille de la décision de la cour d'appel de Paris qui pourrait faire de lui le candidat du RN à l'Elysée, Jordan Bardella soigne son image de rassembleur. Il multiplie les gestes envers les différentes sensibilités du parti, mais ne parvient pas à dissiper les craintes d'une purge -
Stop ou encoreMarine Le Pen, le jugement dernier
La cour d'appel tranche ce mardi si Marine Le Pen peut briguer l’Elysée ou si Jordan Bardella défendra les couleurs du RN. Deux années de sursis ont déjà bouleversé le parti : quel rôle pour leur cheffe si elle n'est plus la candidate ? -
Coup de têteMotion de censure : Olivier Faure, la solitude du frondeur
Il y a six mois, le premier secrétaire du PS avait choisi de ne pas censurer Sébastien Lecornu sur le budget, contre l’avis des siens. Aujourd’hui, il fait le choix inverse, là encore à rebours de la majorité de son groupe, pour ne pas couper les ponts avec des écologistes de plus en plus tentés par Jean-Luc Mélenchon