L’Espagne diminue son programme d'émissions nettes de dette pour 2019
L’Espagne a réduit jeudi d’un tiers son programme d'émissions nettes de dette à moyen long terme pour 2019, à 20 milliards d’euros, soit un plus bas niveau depuis 2007, grâce à la baisse des taux d’intérêt et à une croissance économique solide contribuant aux recettes budgétaires. L’objectif net se compare à un objectif d’émission qui avait déjà été réduit en mai de 35 à 30 milliards d’euros. «Soit une réduction de 40 milliards l’an dernier à 20 milliards cette année, ce qui est considérable», note Ciaran O Hagan, responsable de la recherche taux pour la zone euro chez SG CIB.
En brut, l’Espagne aura émis 194,5 milliards d’euros d’ici la fin de l’année, bons du Trésor inclus, contre 204,5 milliards initialement prévus, passant sous la barre des 200 milliards pour la première fois depuis 2011, a annoncé le Trésor espagnol. Ce dernier s’attend à une économie de 2,3 milliards sur le service de la dette cette année, principalement liée à la baisse record des taux d’intérêt dans la zone euro, mais également à la réduction des primes de risque sur la dette espagnole grâce à la bonne croissance économique (2,2% à 2,3% prévus pour 2019, 2% pour 2020), a indiqué la ministre de l’Economie par intérim, Nadia Calvino, malgré l’incertitude politique actuelle dans ce pays sans gouvernement officiel depuis les élections d’avril.
Après avoir programmé entre 250 et 260 milliards d’euros d’émissions brutes en décembre, l’Italie avait également expliqué vouloir diminuer son programme au-dessous de 250 milliards en mai, avant de le réduire effectivement à 240 milliards en juillet (contre 249 milliards en 2018), en ligne avec à la fois la tenue du déficit budgétaire et la relativement bonne performance de ses dettes sur les marchés. «L’année prochaine, les remboursements de BTP diminueront d’environ 10 milliards : ainsi, même avec un déficit budgétaire plus important en 2020, le Trésor aurait de bonnes chances de réduire ses émissions brutes pour la troisième année consécutive», ajoute Ciaran O Hagan.
Si une soudaine baisse des taux, comme sur l’Italie depuis début mai, ne se transmet pas immédiatement à tout l’encours – hormis aux obligations à taux variables, elle permet aux Etats comme la France avec une adjudication record de 10,139 milliards jeudi, d’abonder d’anciennes souches aux coupons bien plus élevés : ces émissions se font avec une forte «prime» payée par l’investisseur sur le prix au pair (130% par exemple pour l’OAT verte jeudi), ce qui permet de réduire les montants émis par rapport aux besoins annoncés sur des hypothèses initiales de taux bien supérieurs.
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