Les taux immobiliers pourraient atteindre 2% à la rentrée
Le phénomène commence à inquiéter. Au point que, selon plusieurs sources de presse, le gouvernement souhaiterait le ralentir. Portés par la hausse globale des taux d’intérêt dans un contexte de forte inflation, les taux des prêts immobiliers grimpent lentement mais sûrement depuis le début de l’année. Et la tendance n’est pas à l’accalmie.
Selon L’Observatoire Crédit Logement/CSA, le taux moyen pour l’ensemble des durées d’emprunt est passé d’un plus bas à 1,03% en octobre dernier à 1,68% en juillet. Soit un bond de 63% en neuf mois. Et le tempo s’accélère. Alors que l’augmentation était d’environ 0,02 point de pourcentage (2 points de base) par mois début 2022, elle a grimpé à 13 points de base en juin et 16 pb en juillet, indique L’Observatoire. A ce rythme, le seuil des 2% pourrait bien être atteint dès septembre. Il est d’ailleurs déjà dépassé pour de nombreux dossiers. Au 22 août, le courtier Meilleurtaux.com estimait par exemple qu’un «bon taux» d’emprunt sur 25 ans se situe à 2,07%. Pretto calcule de son côté un «taux ordinaire» de 2,2% sur 20 ans et de 2,33% sur 25 ans, à fin août.
Un TAEG inférieur à 2,57%
Et tout porte à croire que la hausse est loin d’être terminée. L’augmentation des taux immobiliers semble en effet en retard sur d’autres grands taux d’intérêt. Le rendement du bond du trésor français à 10 ans, l’OAT 10, est par exemple passé d’un niveau proche de 0% en novembre 2021 à près de 2% aujourd’hui. Par nature moins réactifs, les taux des emprunts immobiliers ont aussi été freinés par l’inertie du taux d’usure, au-dessus duquel les banques ne peuvent pas prêter. Ce taux est calculé chaque trimestre par la Banque de France et correspond au taux annuel effectif global (TAEG, qui inclut notamment le coût de l’assurance) moyen constaté aux cours des trois mois précédents, augmenté d’un tiers. Le taux d’usure a donc toujours trois mois de retard sur l’évolution du marché, ce qui peut limiter la capacité des banques à augmenter leur taux dans un contexte de hausse rapide. A moins qu’il ne les conduise à freiner leur production de nouveaux crédits.
Ainsi, le taux d’usure en vigueur en France depuis le 1er juillet est fixé à 2,57% pour les prêts immobiliers à taux fixe d’une durée de 20 ans ou plus. Une fois retranchés les différents frais et le coût de l’assurance, le taux maximal auquel les banques peuvent prêter tombe sans doute sous 2,4% dans de nombreux cas. Pas si loin des 2,33% sur 25 ans constatés par Pretto pour son «taux ordinaire». Dans ces circonstances, la prochaine augmentation du taux d’usure, prévue le 1er octobre prochain, pourrait entraîner une nouvelle accélération à la hausse. Que les ménages continuent à emprunter sur des maturités plus longues et à des taux inférieurs aux entreprises les plus solides ne semble dans tous les cas pas soutenable.
Plus d'articles du même thème
-
Les devises ne succombent pas encore à l’euphorie des marchés
Un certain nombre de devises se sont reprises depuis l’annonce d’un cessez-le-feu entre les Etats-Unis, l’Israël et l’Iran le 8 avril, mais très peu sont vraiment revenues à leur niveau d’avant-guerre. -
L’inflation britannique porte les premières traces du conflit au Moyen-Orient
L’indice des prix à la consommation britannique a progressé de 3,3% sur un an en mars, en raison de la flambée des prix des carburants, accélérant par rapport aux 3% enregistrés en février. Pas de quoi pousser la Banque d’Angleterre à agir dès avril, selon les économistes. -
Invested Partners lance une stratégie de value-add sur l'immobilier résidentiel parisien
Le gestionnaire lance un fonds à destination des institutionnels et de la clientèle patrimoniale.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- La banque Delubac taille dans ses effectifs pour faire face à des difficultés financières
- Bouygues Telecom, Orange et Iliad engagent une consolidation historique des télécoms
- Bouygues, Free et Orange entrent en discussions exclusives pour racheter SFR
- CNP Assurances se lance dans l’assurance vie 100% en ligne
- Le rachat de SFR servira de test à la future doctrine antitrust en Europe
Contenu de nos partenaires
-
VerrouLe RN à l’assaut du front syndical
Après avoir courtisé les patrons, le Rassemblement national tente de forcer la porte des syndicats. Mais le rééquilibrage se heurte à une défiance tenace -
En Allemagne, l'AfD plébiscitée par les ouvriers, tenue à distance par les syndicats
La formation d'extrême droite sait exploiter les craintes pour l'emploi suscitées par les mutations de l'industrie -
PépiteIndustrie pharmaceutique : l’OPA à 2,5 milliards de dollars de Servier sur une biotech américaine
Le deuxième groupe pharmaceutique français a annoncé jeudi avoir finalisé l’acquisition de Day One Biopharmaceuticals, spécialisé dans l'oncologie