Les taux américains continuent leur ascension
La hausse des taux longs américains s’amplifie. Le rendement des Treasuries à 10 ans s’est tendu de 10 points de base (pb) la semaine dernière, dépassant la barre des 0,8%, à 0,86%. Il progresse désormais de plus de 15 pb depuis début octobre. Cette repentification de la courbe, bienvenue pour la Fed, traduit le pari de reflation sur le marché américain. «Aux Etats-Unis, la combinaison de données économiques favorables et de la perspective d’un nouveau stimulus budgétaire contribue à repentifier la courbe», expliquent les stratégistes taux d’ING. Dernier indicateur en date, l’indice PMI composite a atteint un plus haut de vingt mois. Bien sûr le nombre de chômeurs permanents reste historiquement élevé et l’enquête PMI montre un affaiblissement des commandes, sans doute en raison de la résurgence du Covid-19 et avant la présidentielle. Mais les investisseurs préfèrent parier sur l’effet positif d’un nouveau plan de relance en cas de victoire de Joe Biden, y compris au Sénat.
«Le contraste entre les Etats-Unis et l’Europe continue de grandir», poursuivent ces stratégistes. Et ce en raison de la confirmation d’une deuxième vague de Covid-19 de ce côté-ci de l’Atlantique obligeant les gouvernements à décider de nouveaux confinements, partiels ou totaux. «La mesure des écarts de taux d’intérêt montre le changement de régime entre l’Allemagne et les Etats-Unis depuis le début du mois d’octobre», note Philippe Waechter, économiste chez Ostrum AM. Même l’écart entre les taux américains et les taux moyens dans la zone euro, qui était resté stable en raison de la convergence vers les taux allemands, s’est élargi ces derniers jours en raison des tensions sur les dettes périphériques. «Ce changement de régime tient aux perspectives d’impact de l’épidémie sur la conjoncture mais aussi sur les politiques économiques, budgétaire et monétaire», ajoute Philippe Waechter.
Les taux allemands se sont également légèrement tendus, en partie dans le sillage des taux américains mais probablement en raison de l’afflux d’émissions souveraines la semaine passée en zone euro avec notamment les 17 milliards émis par l’Union européenne. Malgré tout, les taux européens restent à des niveaux bas ce qui les rend vulnérables à ce que les stratégistes appellent un «vaccine moment» : «Cet événement pourrait provoquer une correction sur les marchés de taux. Ce moment, qui arrivera probablement un jour dans les prochains mois, offrirait une sortie du paysage troublé du Covid-19. C’est en partie pris en compte mais pas totalement». Et pas dans le cas de l’Europe.
Plus d'articles du même thème
-
Les marchés baissent dans le calme après les troubles en France
Après le week-end chaotique, la Bourse de Paris, les marchés de taux et l’euro décrochent mais sans panique. -
« La rémunération du risque de crédit nous paraît plus généreuse au regard des fondamentaux »
Olivier Becker, gérant crédit chez Amiral Gestion -
Les investisseurs particuliers constituent un dernier rempart fragile pour CoreWeave
Les particuliers ont acheté massivement des actions CoreWeave lors de sa chute mercredi, selon Vanda Research. Mais ce soutien n’est pas aussi puissant qu’auparavant et il ne compense pas le retrait des institutionnels. Le véritable enjeu est désormais sur les marchés du crédit.
ETF à la Une
VanEck a collecté plus de 13 milliards de dollars depuis le début de l’année pour sa gamme d’ETF Ucits
- BNP Paribas augmente la plupart de ses salariés entre 1.000 et 1.500 euros
- Macif Vie est menacée par la Cnil d'une sanction de 7 millions d’euros
- Eutelsat bondit en Bourse alors que Starlink réduit ses services en Ukraine
- Danfoss réussit une émission obligataire malgré la cyberattaque en France
- ASML manifeste les premiers symptômes des limites physiques de l'IA
Contenu de nos partenaires
-
Flair en défautViolences du 17 octobre : les leçons à tirer pour le renseignement policier
Les grilles d’analyse du renseignement territorial sont obsolètes, jugent plusieurs spécialistes -
RébellionLe fossé se creuse encore entre l'Etat et les départements
L'Etat veut faire participer les départements à l'effort de maîtrise des dépenses publiques. Les élus l'accusent de leur faire les poches, alors qu'ils ne décident pas du poids de leurs dépenses sociales. Le fossé n'a jamais été aussi béant -
Loi des sériesViolences du 17 octobre : une crise de plus pour une France à bout
Le concept de permacrise n'a pas été inventé spécialement pour l'Hexagone mais il décrit bien la situation du moment