L’Union européenne fait carton plein sur le marché obligataire
La première émission dans le cadre de son programme Sure a enregistré une demande record de plus de 230 milliards d’euros, pour 17 milliards émis.
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Xavier Diaz
L’UE devra émettre au total 100 milliards d’euros dans le cadre de Sure d’ici fin 2021.
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Crédit European Union
L’accueil est à la hauteur de l’événement. Très attendue par les investisseurs, la première émission de l’Union européenne (UE) dans le cadre de son programme Sure(Support to mitigate unemployment risks) a enregistré une demande record de 233 milliards d’euros, pour un placement de 17 milliards. «Ce montant est impressionnant», constate Frédéric Zorzi, responsable du marché primaire monde chez BNP Paribas CIB, qui faisait partie des banques teneurs de livre.
L’UE a fait le choix d’émettre dans un premier temps sur la maturité la plus recherchée par les investisseurs, soit 10 ans, ainsi qu’à 20 ans. L’obligation à 10 ans a logiquement recueilli la plus forte demande à plus de 145 milliards d’euros, ce qui lui a permis de remplir son quota d’émission sur cette maturité. L’UE peut émettre sur des maturités allant de 3 à 30 ans avec un maximum de 10 milliards pour chacune. L’emprunt à 20 ans, d’un montant de 7 milliards, a enregistré plus de 88 milliards d’euros d’intérêts.
Cette forte demande a permis de resserrer le prix d’émission d’une indication initiale de 6 points de base (pb) à 3 pb au-dessus des midswaps à 10 ans et de 17 pb à 14 pb sur l’échéance à 20 ans. Le rendement à 10 ans ressort à -0,24% et celui à 20 ans à 0,13%. Ces deux émissions offrent une légère prime (1-2 pb) par rapport à la courbe existante de l’UE. Elles offrent par ailleurs des primes de 5 à 10 pb par rapport aux emprunts de l’ESM et de laBEI et un rendement supérieur aux OAT, malgré une notation meilleure (triple A par deux agences).
Argent neuf
«Sur le marché gris, les obligations se sont resserrées de 5-7 points de base, indique Neal Ganatra, responsable de la syndication de dette pour l’Europe chez Deutsche Bank, également l’un des établissements teneur de livre. C’est un point positif compte tenu du montant émis». Cette opération a eu peu d’effet d’arbitrage sur les autres dettes européennes. «Il n’y a pas eu d’impact sur les marchés secondaires des dettes souveraines et des supranationaux. Ce qui signifie qu’il s’agit d’argent neuf et pas d’un arbitrage entre dettes», souligne Frédéric Zorzi.
La bonne tenue du marché secondaire est importante car l’UE va devenir un acteur majeur sur le marché. Elle doit émettre 100 milliards d’euros dans le cadre de Sure d’ici fin 2021 avant d’engager le financement du plan de relance de 750 milliards. «Les investisseurs savent qu’il va y avoir beaucoup d’émissions et que cette dette va devenir très liquide», explique Frédéric Zorzi. Les demandes de prêts dans le cadre de Sure atteignent déjà 88 milliards d’euros. «La qualité et la diversité des investisseurs sont très élevées», complète Neal Ganatra. Outre la diversification offerte par ce nouvel émetteur, ces derniers semblent aussi avoir été séduits par le format social bonds (le programme Sure participe au financement du chômage partiel par les Etats de l’UE) mais aussi par le soutien de la BCE qui achètera ces titres sur le marché secondaire. Une garantie de taille. L’UE devrait encore émettre 13 milliards d’euros d’ici la fin de l’année.
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