Les résultats des banques américaines seront marqués du sceau de la crise
JPMorgan ouvre aujourd’hui une saison des résultats du troisième trimestre qui s’annonce difficile pour les banques américaines. Si les malheurs de leurs concurrentes européennes ont fait les gros titres cet été, l’effet de contagion s’est aussi fait sentir outre-Atlantique.
Les CDS des banques américaines se sont ainsi écartés et leur courbe 1-5 ans s’est inversée, comme après la faillite de Lehman Brothers, conduisant à un assèchement des émissions de dette senior. «Les spreads des banques américaines et leur valeur boursière approchent des niveaux qui étaient les leurs avant le premier assouplissement quantitatif de la Fed, avec des spreads seniors identiques à ceux d’une entité notée dans le haut de la catégorie BB, ce qui illustre la fragilité du système bancaire», soulignaient le 6 octobre les stratégistes crédit de BNP Paribas. Depuis, la situation s’est un peu améliorée. Le CDS 5 ans de Morgan Stanley est retombé sous les 350 pb hier, selon Markit, contre 573 pb le 5 octobre.
Les pures banques d’investissement seront les plus touchées par la chute des marchés et l’arrêt des transactions au troisième trimestre. JPMorgan et Morgan Stanley ont déjà mis en garde contre la baisse des revenus dans ces activités. Goldman Sachs en sera la première victime: le consensus Bloomberg des analystes voit le géant de Wall Street tout juste à l’équilibre, et certains prévoient même qu’il publiera une perte le 19 octobre, comme au dernier trimestre 2008.
Plusieurs analystes jugent également que Morgan Stanley, attendue le 18 octobre, risque de tomber dans le rouge si l’on exclut les gains fictifs réalisés par les banques sur leur propre dette à cause de l’écartement des CDS. Cet effet comptable pourrait atteindre 4,3 milliards de dollars pour les cinq plus grandes banques, selon les analystes de Wells Fargo.
La relative résistance des activités de détail permettrait en revanche à JPMorgan de limiter à 10% sur un an le recul de son bénéfice, à près de 4 milliards de dollars. Et Wells Fargo pourrait même annoncer un profit record le 17 octobre. Le consensus vise un profit de 2,5 milliards pour Citigroup et de 2,7 milliards pour Bank of America.
Ces publications de résultats devraient aussi donner l’occasion aux banques américaines de préciser leur exposition au risque européen. Notamment Morgan Stanley, qui a beaucoup pâti des craintes de contagion de la crise en zone euro.
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