Les résolutions climat s’imposent aux groupes pétroliers
Les actionnaires d’Exxon ont voté hier à 62% une résolution dissidente imposant un rapport annuel sur les risques liés au changement climatique.
Publié le
Ajouter à vos sources préférées
Ajouter en favori
Bruno de Roulhac
ExxonMobil est le plus gros groupe pétrolier mondial.
-
Photo ExxonMobil.
Alors que Donald Trump serait sur le point d’annoncer la sortie des Etats-Unis de l’accord climatique, les groupes pétroliers ne peuvent plus échapper aux résolutions climat. ExxonMobil, le plus gros pétrolier mondial vient d’en faire les frais. Hier, lors de son assemblée générale qui se tenait à Dallas, au Texas, les actionnaires ont approuvé à 62,3% une résolution dissidente sur le climat. Le PDG, Darren Woods, a assuré que le groupe allait « examiner » attentivement ce résultat.
Si Exxon avait recommandé de voter contre, cette résolution avait le soutien des deux principales agences de conseil en vote ISS et Glass Lewis. La tension était d’autant plus grande que deux procureurs de l’Etat de New-York soupçonnent ExxonMobil d’avoir caché des informations sur l’impact de ses activités sur l’environnement.
Déposée par le fonds de pension de l’Etat de New-York, cette résolution prévoit qu’à partir de 2018, le groupe pétrolier publie chaque année un rapport sur sa politique en matière de changement climatique, en particulier sur les risques industriels et financiers liés à l’atteinte de objectifs prévus par l’accord de Paris de 2015, soit un réchauffement climatique contenu sous les deux degrés. Exxon estime pour sa part donner suffisamment d’informations.
En 2016, le fonds de pension de New-York avait déposé la même résolution, qui n’avait obtenu que 38,2% des voix. Elle n’avait pas été soutenue par les grands fonds, notamment Vanguard et BlackRock, qui détiennent à eux deux près de 13% du capital d’ExxonMobil. En revanche, Amundi et Axa IM avaient apporté leurs voix. La position des deux plus grands gestionnaires d’actifs mondiaux, qui ont tourné casaque cette année, avait alors été critiquée, notamment par l’ONG Asset Owners Disclosure Project.
Ce vote devrait faire réfléchir les pétroliers du monde entier. Le vent tourne. Déjà le 12 mai dernier, les actionnaires d’Occidental Petroleum ont adopté à 67% une résolution climat, grâce au soutien de BlackRock. Le premier gestionnaire d’actifs mondial a tenu compte des critiques pour n’avoir pas soutenu une telle résolution l’année précédente. D’ailleurs, quand BlackRock a dévoilé en mars dernier ses priorités 2017-2018, il a mis le changement climatique au cœur, estimant ce risque insuffisamment pris en compte. Le 16 mai, les actionnaires de l’américain PPL ont également adopté à 57% une résolution climat.
Directeur de l'investissement durable et de la conformité chez Allianz France, Carlos Araujo Blanco intervenait lors de l'Institutional Day organisé le 30 juin par L'Agefi. Il revient en vidéo sur la révision de la réglementation SFDR, le traitement des obligations d'Etat et les conséquences de l'allègement de la CSRD.
Marie Marchais, responsable de la plateforme Engagement du Forum pour l’investissement responsable (FIR), s’est exprimée lors de l’Institutional Day organisé le 30 juin dernier par L’Agefi. Elle a notamment détaillé la première version de la méthode Voice ainsi que la perception des entreprises françaises sur l’engagement actionnarial.
La filiale de gestion d’actifs du groupe BPCE veut combler son retard en lançant ses premiers ETF actifs sur le marché européen d’ici la fin de l’année tout en développant son offre sur le non-coté.
Le projet de loi d'urgence agricole a franchi une étape importante : députés et sénateurs se sont mis d'accord sur la version commune qui sera soumise au vote dans chacune des chambres. Celle-ci n'en reste pas moins clivante
Inutile de se perdre dans les chiffres ou de s'enivrer de concepts fumeux. Le diagnostic est connu. La thérapie aussi. D'autres s'y sont pliés. Pourquoi pas nous ?