Les rendements en berne font fuir les investisseurs dans le non-coté
Les chiffres préliminaires du capital-investissement européen pour 2009 surprendront peu de monde. Selon l’association européenne du private equity (Evca), la moyenne des rendements a reculé l’année dernière. La performance sur cinq ans glissants (grosso modo la durée de détention moyenne des sociétés) est passée de 8,5% fin 2008 à 6,1% fin 2009.
Ce déclin est largement le fait du segment des LBO (acquisitions par recours à l’endettement), dont le taux de rendement interne (TRI) recule de 3,2 points à 7,9%. Beaucoup de sociétés sous LBO ont été surévaluées et acquises avec un levier de dette incompatible avec la baisse d’activité qu’elles ont connue avec la crise économique.
Signe qui ne trompe pas, la moitié des 21 milliards d’euros engagés et des 4.000 sociétés financées concernait en fait des réinvestissements, suggérant que beaucoup d’entre elles ont eu besoin du soutien de leur actionnaire face à leurs difficultés. Les radiations (write-off), consécutives à la perte du capital investi, représentent un tiers du montant total des désinvestissements en 2009. Autre conséquence de la crise, le nombre de restructurations menées par les fonds a bondi de 83% par rapport à 2008.
Cela dit, la catégorie du capital-risque (ou venture) se porte encore plus mal, puisque son TRI sur cinq ans se rapproche du néant (0,7%, contre 1,6% fin 2008). Le mal qui ronge ce métier particulier en Europe est bien structurel, obligeant certains Etats comme la France à tenter d’apporter des solutions institutionnelles.
On comprend alors le peu d’appétit des investisseurs à l’égard du capital-investissement, d’autant plus que la classe d’actifs a souffert de la comparaison avec le marché actions, qui s’est redressé en 2009. Selon les chiffres de l’EVCA, seuls 184 véhicules ont connu une phase de clôture (closing), qu’elle soit intermédiaire ou finale, contre 316 en 2008 et 338 en 2007. Treize milliards d’euros ont été levés (contre 79 milliards en 2008). Les montants collectés par les fonds de LBO ont reculé de 86%. La taille moyenne des véhicules de LBO a elle-même reculé de 41%. Cette tendance explique la présence en nombre de fonds d’infrastructures et immobiliers parmi les douze plus gros véhicules en cours de levée (voir tableau). Les contributions des fonds de pension et des fonds de fonds se sont effondrées respectivement de 94% et de 88%.
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