Les PME françaises risquent de peiner à trouver des financements

L’Observatoire du financement des entreprises note leur bonne santé financière, mais invite le gouvernement à prendre des mesures de soutien
Bruno de Roulhac

Surprise! Les PME et ETI (entreprises de taille intermédiaire) ont préservé leur situation financière malgré la crise. Tel est le constat du rapport de l’Observatoire du financement des entreprises, présidé par Gérard Rameix, médiateur du crédit, et installé en mai dernier dans la foulée des Etats généraux de l’industrie.

L’étude, concentrée sur les PME et ETI enregistrant plus de 750.000 euros de chiffre d’affaires et avec des crédits supérieurs à 25.000 euros par banque, confirme le choc brutal à l’automne 2008 et en 2009 auquel ont dû faire face ces entreprises, avec une baisse d’activité de 9% en moyenne et une chute du ratio de rentabilité économique de 10% sur deux exercices à un peu plus de 6% en 2009.

Pour autant, ces sociétés sortent de la crise avec une trésorerie fin 2009, supérieure à celle dont elles disposaient en 2007, et avec des fonds propres pesant 42% du bilan, contre 36% pour les grands groupes. D’ailleurs, l’octroi de crédits bancaires aux PME et ETI, en forte chute pendant la crise, a repris dès l’automne 2009, atteignant un rythme de croissance annuelle de 3,6% fin 2010, et entre 4 et 5% actuellement. Aussi, l’impact de la crise sur les crédits aux PME apparaît «globalement modéré en France», souligne Gérard Rameix.

Toutefois santé financière ne signifie pas santé économique. En effet, la préservation de la trésorerie s’est traduite par une chute de l’investissement, qui risque de handicaper certaines entreprises en sortie de crise.

Or, de lourdes incertitudes pèsent sur l’offre de financement futur. Le capital développement –particulièrement le capital risque– peine à lever des capitaux et s’appuie essentiellement sur l’épargne des particuliers, incités par des dispositifs fiscaux, et sur les acteurs publics (CDC, FSI, Oseo). Sous le coup de Bâle 3 ou de Solvabilité 2, les assureurs et les banquiers devraient aussi réduire leurs investissements en actions.

Aussi, l’Observatoire marque son inquiétude et parmi ses recommandations rappelle l’objectif des assureurs de porter à 2% la part des capitaux aux PME non cotées, contre 1,46% fin juin 2010. Il propose aussi d’offrir un soutien public en fonds propres adapté aux petites PME et TPE, et invite le gouvernement à remodeler les incitations fiscales des particuliers pour obtenir un investissement plus sélectif et efficace dans le cadre des contraintes de finances publiques.

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