Les membres de l’Eurogroupe peaufinent les détails du fonds de stabilité de l’euro
Après plusieurs heures de discussions hier à Bruxelles, la révision du fonds de stabilisation de l’euro achoppait encore sur quelques points cruciaux comme la répartition de la charge entre les pays notés AAA et les autres, la structuration du futur capital du fonds et le tarif facturé aux bénéficiaires de ses interventions. «Les divergences sont minimes», a assuré Jean-Claude Juncker qui préside les travaux des ministres des finances. Il a néanmoins confirmé une nouvelle réunion de l’Eurogroupe le 21 mars pour finaliser un accord en vue du sommet des 24 et 25.
Un premier problème concerne le relèvement de la capacité de prêt effective de l’actuelle Facilité de stabilisation financière (FESF) à 440 milliards d’euros, contre 250. Pour assurer une notation AAA à la facilité, la FESF réserve actuellement environ un tiers de ses émissions sous forme de matelas de liquidité. «Mon impression est qu’on arrivera aux 440 milliards grâce à des garanties» supplémentaires, a indiqué Jean-Claude Juncker.
Ecartée a priori pour la FESF, une dotation en capital propre est au contraire au centre des discussions sur son successeur, le Mécanisme de stabilisation de l’euro (MES) qui sera mis en place en 2013. Les discussions s’orientent vers un système «hybride» combinantdu capital émis et souscrit, du capital émis et non souscrit et enfin des garanties. «Nous travaillons à l’optimisation du mix» entre les trois éléments, a indiqué lundi soir Christine Lagarde, en vue de maximiser leur impact sur la notation, sans gonfler la dette «maastrichienne» des contributeurs.
La tarification des prêts sera, elle, revue à la baisse, sur le modèle du sort réservé à la Grèce à laquelle vient d’être concédée une réduction 100 points de base. «Cette baisse… servira d’exemple», a indiqué Jean-Claude Juncker. «La question irlandaise a été réservée», a cependant précisé Christine Largarde. L’Irlande demande en vain une révision de ses conditions de financement, à défaut de quoi, a assuré son ministre des finances, la recapitalisation du secteur bancaire, financée à un taux moyen de 5,7%, risque de plomber la solvabilité de l’Etat.
La FESF reformée, avec une capacité d’intervention revue à la hausse et un nouvel instrument d’intervention sur le marché primaire, comme décidée vendredi dernier, ne sera en place qu’ «à l’été», a indiqué Christine Lagarde.
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