Les marchés relativisent l’escalade sino-américaine sur le commerce
Seuls certains produits particulièrement visés par Pékin, comme le soja, ont vu leurs cours chuter fortement.
Publié le
Ajouter à vos sources préférées
Ajouter en favori
Ivan Best
Entre les Etats-Unis et la Chine, guerre commerciale ou négociations musclées ?
-
Fotolia
Les Etats-Unis et la Chine ont franchi un nouveau palier mercredi dans leur différend commercial en s’infligeant réciproquement des droits de douane sur des catégories variées de produits représentant au total environ 100 milliards de dollars (81 milliards d’euros) d'échanges commerciaux.
Pékin a annoncé vouloir appliquer de nouveaux droits de douane de 25% à 106 produits américains. Sont visés, entre autres, le soja, le maïs, les voitures, les substances chimiques et certains types d’avions, a annoncé mercredi le ministère des Finances chinois, quelques heures seulement après l’annonce américaine d’une hausse de 25% des droits de douane sur l’équivalent de 50 milliards de dollars d’importations en provenance de Chine. Les nouvelles taxes prévues par les Américains concernent surtout des produits technologiques chinois, dans le but d’obtenir une modification des pratiques de la Chine en matière de propriété intellectuelle. Pékin a donc répondu par une mesure globalement équivalente : la hausse des droits (+25%) vise 50 milliards de dollars d’importations en provenance des Etats-Unis. De même, la date d’entrée en vigueur sera calée sur celle choisie par Washington.
Après une chute marquée à l’ouverture (-2% pour le Dow Jones), les marchés ont relativisé les effets de cette escalade entre Washington et Pékin. Le Dow Jones perdait 0,25% et le S&P 500 était stable en fin de matinée heure de New York, le rendement du 10 ans augmentant de moins d’un point de base. Les marchés ont pris en compte la nature des annonces chinoises, très ciblées, aux visées politiques évidentes.
Pékin cible notamment le soja, dont un tiers de la production américaine est exporté en Asie. La Chine en est une grande utilisatrice, le continent se plaçant au premier rang mondial pour la production de porcs. A l’annonce de la hausse des droits chinois, les cours du soja, orientés à la hausse ces derniers jours, ont brutalement chuté de 5,4%, baissant encore de 3% en fin de matinée. Surtout, les autorités chinoises ont voulu frapper directement les électeurs de Donald Trump. «La réponse chinoise aux droits de douane américains est dotée d’un poids à la fois économique et politique, compte tenu de l’importance des Etats agricoles dans le vote Trump, souligne Monica Ty, analyste au sein du cabinet Shanghai JC Intelligence Co, citée par Bloomberg. La réponse chinoise se veut exactement proportionnée aux menaces américaines.»
Premier partenaire économique des Etats-Unis, le Mexique a réussi à se mettre à l’écart de la guerre tarifaire de Donald Trump grâce à une attitude conciliante. Mais la dépendance vis-à-vis de son voisin apparaît aussi comme une vulnérabilité.
Le pays répond « au dollar près », aux droits de douane imposés par les Etats-Unis le 22 août. Le Canada met aussi en place des mesures de soutien interne.
Le secrétaire du Trésor américain a annoncé un « jour J économique » afin de contraindre tous les pays à couper leurs liens commerciaux avec Téhéran sous peine de sanctions. Ce qu'a dévoilé Scott Bessent le 24 août correspond à un durcissement des mesures de rétorsion déjà en place.
Sur le réseau social X, le ministre des Comptes publics, David Amiel, a assuré que les Français "peuvent continuer à investir, comme aujourd'hui, dans les indices les plus diversifiés".
D’ici 2030, les femmes détiendront plus de la moitié de la richesse mondiale, une première dans l’histoire de l’humanité. Au risque de paraître cyniques, prendre soin des femmes, c’est prendre soin du capital et de son utilisation
Le symposium économique annuel de la Fed de Kansas City à Jackson Hole, rendez-vous des banquiers centraux de la planète, s'ouvre ce vendredi à 16 h, heure de Paris. La finance mondiale branche ses micros sur le président de la banque centrale américaine
Entre croissance révisée à la baisse sous l'effet des vagues de chaleur et explosion des dépenses d'urgence, le déficit 2026 devrait s'aggraver. L'équation budgétaire pour 2027 se complique