Les investisseurs à nouveau positifs sur le non-coté
Alors que les investisseurs (limited partners, ou LP) dans les fonds de private equity étaient encore dubitatifs sur la classe d’actifs en début d’année, leur moral semble être reparti le temps que se confirme le redémarrage du marché du LBO (acquisitions à effet de levier) observé l’année dernière.
Le baromètre semestriel de Coller Capital (l’une des principaux gérants en fonds secondaires), conduit par IE Consulting auprès de 110 LP en mars et avril 2011, montre que les investisseurs qui envisagent d’accroître leur exposition au capital-investissement représentent plus du double de ceux qui veulent la réduire (27% contre 12%). «La situation n’a cessé de s’améliorer depuis notre édition de 2009, lorsque pour la première fois la proportion s’était inversée», souligne l’étude.
Les LP saluent à 60% la disponibilité de la dette pour financer des actifs de bonne qualité; 20% (29% aux Etats-Unis) s’inquiètent au contraire d’une surabondance de crédit permettant le montage de transactions de faible qualité. Signe de confiance, écrivent les auteurs, 69% des investisseurs saluent le retour des dividend recaps (refinancements permettant de verser prématurément des plus-values aux LP), pourtant critiquées lors de l’éclatement de la bulle financière en 2007. «Cet optimisme se traduit notamment par une volonté de recrutement chez les investisseurs», souligne François Aguerre, directeur d’investissement chez Coller Capital. 32% d’entre eux l’envisagent au cours des deux prochaines années.
Cela dit, tirant les leçons de la crise et du durcissement de la réglementation financière, les LP continuent de reconfigurer leurs portefeuilles. Les fonds affichant de mauvaises performances ou responsables de mauvaises pratiques (pendant la période faste comme pendant la crise) devraient en subir les conséquences: 43% des LP interrogés estiment ainsi que plus de 20% des équipes n’arriveront pas à lever des fonds.
En France, où le capital-investissement dépend beaucoup des assureurs et des banques pour ses levées de fonds, Bâle 3 et Solvabilité 2 suscitent beaucoup d’inquiétude chez les gérants. Mais «à l’échelle mondiale, l’effet des réglementations sera moindre, car l’essentiel des pourvoyeurs de capitaux sont des fonds de pensions ou des fonds souverains», souligne François Aguerre.
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