Les grandes entreprises alimentent le marché du LBO

Le marché européen a été dominé par d’importantes opérations au premier semestre. La moitié vient de cessions de grands groupes
Antoine Landrot
Spie, valorisé à 2,1 milliards d’euros, constitue la transaction européenne la plus importante depuis le début de l’année (photo REA)
Spie, valorisé à 2,1 milliards d’euros, constitue la transaction européenne la plus importante depuis le début de l’année (photo REA)  - 

Le marché des acquisitions à effet de levier (leveraged buy-out, LBO) de grande taille a été particulièrement animé en Europe ces derniers mois. La France y a apporté une contribution déterminante, avec quatre transactions annoncées d’une valeur d’entreprise proche ou supérieure au milliard d’euros au cours du seul mois de mai : Compagnie Européenne de Prévoyance (900 millions), Foncia (1,02 milliard), Delachaux (1,08 milliard) et surtout Spie, valorisé à 2,1 milliards d’euros et qui constitue la transaction européenne la plus importante depuis le début de l’année. Ce montant hisse également la vente du groupe d’ingénierie électrique en troisième place au niveau mondial, selon les statistiques du consultant Preqin.

Le mois de juin a été plus calme à la veille des congés estivaux. Mais l’annonce hier de l’acquisition du britannique RAC par Carlyle auprès de l’assureur Aviva, pour un milliard de livres sterling (1,13 milliard d’euros), montre que l’appétit des équipes de capital-investissement n’est pas encore rassasié.

«Les années qui viennent promettent d’être excellentes pour le private equity. Les grandes entreprises sortent de cette crise différemment des précédentes: aujourd’hui leurs trésoreries sont pléthoriques et leurs résultats relativement bons. Elles vont devoir agir sur leur périmètre, sinon leurs actionnaires pourraient demander à toucher le cash. Les acquisitions ou les rapprochements étudiés seront sources d’opportunités, car ces opérations soulèveront des sujets de concurrence», explique un professionnel. A cela s’ajoutent les besoins de fonds propres du secteur financier dans plusieurs pays d’Europe (le Royaume-Uni, les Pays-Bas, l’Espagne, etc.).

Plusieurs des grandes transactions observées depuis le début de l’année sont d’ailleurs des spin-off ou carve-out (cessions plus ou moins complexes de grands groupes): dans la liste d’opérations (voir tableau), elles en représentent 7 sur 15.

Les difficultés de transmission des entreprises familiales pourraient également être une source de LBO à l’avenir, mais d’une taille en général plus modeste puisqu’elles correspondent à des PME. Exception ce semestre, la vente de l’équipementier ferroviaire Delachaux par ses actionnaires familiaux (suivie d’un réinvestissement partiel) à CVC Capital Partners.

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